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Jeudi 14 avril 2022 : stupeur en Russie et dans le reste du monde. Le croiseur lance-missile Moskva, navire amiral de la flotte russe en Mer Noire, vient de chavirer et de sombrer. Un important incendie s’y est déclaré la veille, d’origine accidentelle (selon la Russie) ou suite à l’impact de deux missiles Neptune (selon l’Ukraine). 

Le lendemain, en représailles de la perte du Moskva, l’armée russe bombarde dans la banlieue de Kiev une usine fabriquant des missiles Neptune, accréditant définitivement la thèse des impacts missiles. Le croiseur surarmé qui se croyait en mesure de contenir à distance toute menace a donc été neutralisé par l’impact de deux missiles emportant chacun une charge explosive de 150 kg : David contre Goliath…

 

© Mer et Marine - Jean Louis Vienne

 

Bien que nous ne disposions que d’informations partielles, il est possible de tenter de reconstituer les faits. 

Le Moskva, posté en piquet radar au large de l’île du Serpent, aurait d’abord été localisé par des satellites occidentaux et sa position exacte a ensuite pu être confirmée par un drone ukrainien déployé à proximité du Moskva. Ce drone aurait été utilisé également dans le but de détourner l’attention des équipes de veille : une nouvelle tactique de « distraction » ?

Disposant de la position exacte de la cible et d’une navigation précise, les missiles ont pu rester en silence radar jusqu’au dernier moment, avec un profil de vol au ras de l’eau pour passer sous les radars. Leur détection ne pouvait être que tardive… 

Ils ont cependant nécessairement émis pour affiner leur manœuvre terminale. S’ils ont émis en bande I ou J, l’intercepteur radar du Moskva les a probablement détectés. Mais s’ils ont émis en bande Ka, comme cela est de plus en plus fréquent pour le guidage terminal, il est probable qu’un ESM de facture aussi ancienne ne l’a pas détecté.

Le Moskva disposait bien des trois couches de protection requises, mais de technologie ancienne face à des menaces de plus en plus sophistiquées :

  • Hard Kill : six affûts CIWS de type AK-630 (calibre 30mm, cadence de 5.000 coups/mn). Il peut être noté que l’efficacité de ce système CIWS a été jugée insatisfaisante au milieu des années 80, raison pour laquelle la marine soviétique a développé le système CIWS Kashtan (9 à 10.000 cps/mn).
  • Active Soft Kill : brouilleurs Side Globe à 8 antennes, dont les formes d’onde sont nécessairement dépassées face à l’autodirecteur de toute dernière génération du Neptune (Radionix active homing head, dévoilé en 2019).
  • Passive Soft Kill : systèmes lance-chaffs de type PK2 et PK10 à deux affûts chacun. Les missiles Neptune étant dérivés du missile russe Kh35, il est plus que probable qu’ils disposent de logiciels de discrimination des chaffs…

 

Missile R30 Neptune
© Wikipédia

 

La perte d’un bâtiment majeur comme le Moskva a ravivé le souvenir douloureux de l’HMS Sheffield, coulé pendant le conflit des Malouines. Le sujet de l’autoprotection des navires revient au premier plan : comment réussir à améliorer efficacement la protection des navires et de leurs équipages ? 

Dans ce domaine, la protection multicouche reste la règle d’or à condition que les systèmes soient performants face aux missiles modernes. L’industrie de Défense française dispose d’un savoir-faire ancien dans la matière.

Pour le Soft Kill passif, dernier rempart d’une protection multicouches contre les missiles, la France s’appuie depuis des années sur la société Lacroix. Cette société dispose de toute la panoplie qui permet de contrer les autodirecteurs modernes. Bénéficiant de la miniaturisation des composants, ces derniers peuvent désormais intégrer, dans un même missile, de nombreux capteurs complémentaires pour bien caractériser leur cible : radar bande I ou J, radar bande Ka, caméra infrarouge, caméra TV, émetteur Laser. 

Face à ces multiples capteurs, Lacroix dispose d’un savoir-faire éprouvé :

  • Guidage radar : Corner Reflector de 2nde génération (SEALEM),
  • Guidage infra-rouge : leurres spectraux pour les aéronefs (LIR) et bâtiments de surface (SEALIR),
  • Guidage visible ou Laser : écran fumigène (GALIX) pour le terrestre et son équivalent naval (SEAMOSC).

Développé pour un usage spécifiquement naval, le générateur fumigène SEAMOSC permet simultanément de générer un écran dans le spectre visible et de rétrodiffuser les faisceaux Laser. Cette capacité, qualifiée et en service sur plusieurs systèmes NGDS depuis 2012, est potentiellement disponible sur SYLENA.

Lacroix présente d’ailleurs, à Euronaval 2022, son  projet de lanceur SYLENA / MOSC, de conception modulaire pour s’adapter aux caractéristiques physiques des différents navires, destiné à contrer les menaces guidées dans le visible ou par Laser, grâce au déploiement d'un écran de fumée spécifique au domaine naval.

 

Diaporama

 

Pour le Soft Kill actif face au radar, la France utilise des brouilleurs fixes installés sur les navires. Elle s’intéresse fortement au développement d’un leurre actif décalé (OBAD : Off-Board Active Decoy) pour conserver la liberté d’émission du brouilleur face à des missiles remontant vers la source d’émission. A Euronaval 2020, Lacroix avait annoncé avoir obtenu un marché de l’Agence d’Innovation de Défense (AID) pour étudier et expérimenter un potentiel vecteur porteur de la charge utile d’un futur OBAD. Le prochain salon Euronaval sera peut-être l’occasion d’avoir de nouveaux éléments sur ce projet. 

© Lacroix Defense

 

 

 

 

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