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Le chantier Saab Kockums de Karlskrona progresse dans la construction du premier des deux nouveaux sous-marins suédois. Récemment, l’industriel a fini l’assemblage de la section arrière du futur Blekinge. Il reste cependant encore beaucoup de travail avant d’achever le bâtiment, dont la réalisation a débuté en 2015 et pour lequel l’objectif de livraison est aujourd’hui fixé à 2024, au lieu de 2022 comme initialement prévu. Son sistership, qui sera nommé Skåne et dont la production a démarré en 2017, doit le rejoindre un an plus tard.

Ces sous-marins sont réalisés dans le cadre du programme A26, structurant pour la navale suédoise, qui renait après la reprise par le groupe Saab, en 2014, du chantier Kockums, ancienne entreprise publique qui était passée sous pavillon allemand en 1999.

Longs de 65.5 mètres pour un diamètre de 6.75 mètres, les futurs sous-marins suédois auront un déplacement en plongée de plus de 2000 tonnes. Armés par 17 à 26 marins, avec la capacité d’embarquer jusqu’à 35 personnes, dont des forces spéciales, les A26 seront équipés de quatre tubes permettant de lancer des torpilles de 533mm mais aussi de nouvelles armes de 400 mm développées par Saab. Ces dernières, également conçues pour être mises en œuvre depuis des bâtiments de surface et aéronefs, pourront être logées à raison de deux torpilles par tube. Entre les TLT sera, par ailleurs, aménagé un module multi-missions avec une trappe de 1.5 mètre de diamètre permettant de déployer des drones sous-marins, ainsi que des commandos et leurs engins. Les sous-marins seront aussi capables de mouiller des mines. 

Côté propulsion, les A26 disposeront du nouveau moteur anaérobie (AIP) Stirling Mk3, alors que les bâtiments mettront en œuvre un nouveau système de combat, de nouveaux sonars et des mâts optroniques fournis par le groupe français Safran.

 

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© SAAB

(© SAAB)

 

Réduction des risques grâce à la refonte des Gotland

Afin de réduire les risques, surtout pour une reprise d’activité en construction neuve après une longue période de charge réduite lorsque les Allemands étaient propriétaires du chantier, Saab et la marine suédoise ont joué la carte de la prudence. Ainsi, la moitié des nouveautés dont bénéficieront les A26 est d’abord testée sur les sous-marins Gotland (1996) et Uppland (1997), qui ont repris du service en 2018 et 2019 une refonte à mi-vie effectuée à Karlskrona. Les équipements communs sont notamment le Stirling Mk3, qui remplace le Stirling Mk2 dont disposait ces bâtiments depuis leur livraison. S’y ajoutent de nombreux autres équipements critiques comme le système de combat, les sonars, les mâts optroniques...

Les deux programmes, qui sont donc intimement liés, ont d’ailleurs été notifiés ensemble à Saab en 2015, avec une enveloppe de 820 millions d’euros pour les deux A26 et 230 millions pour la refonte de deux des trois Gotland, avec une option (non exercée à ce jour) pour la mise à niveau du troisième bâtiment de ce type, l’Halland, opérationnel depuis 1997.

Saab se positionne également sur le marché export avec l’A26, qui a été décliné en plusieurs modèles afin de répondre aux besoins de différents clients potentiels. L’industriel suédois s’est notamment allié à Damen avec la version océanique de son bâtiment, en lice dans la compétition pour les futurs sous-marins néerlandais.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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