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Dans le manque flagrant de coordination au sein même des ministères qui caractérise bien la communication gouvernementale depuis un certain temps, en particulier celle du ministère des Armées, il y a eu cette semaine l’affaire du SDAM. Le système de drone aérien de la marine (SDAM) a été évoqué dans le plan de soutien de l’aéronautique dévoilé mardi 9 juin. Avec concernant la Marine nationale l’annonce de mesures d’anticipation de commandes concernant ce programme SDAM (systèmes de de drone aérien de la marine) et celui des systèmes de mini-drone marine (SMDM). Le tout pour un investissement de 50 millions d’euros et la préservation, selon le gouvernement, de 15 emplois sur deux ans. Pas de quoi fouetter un chat, surtout concernant le SDAM, qui en est au stade des études de faisabilité mobilisant à elles seules une centaine de personnes chez les industriels !

Le jour-même, les services compétents du ministère en matière de programmes militaires et les industriels impliqués dans ces programmes se taisent, ou ne savent que répondre. Car de nombreuses personnes normalement dans la boucle pour ce genre d’annonces découvrent manifestement les nouvelles en même temps que tout le monde. Si pour SMDM on finit rapidement par avoir le fin mot de l’histoire, le silence radio persiste toute la journée de mardi sur le SDAM, l’un des responsables du projet en cours, contacté par Mer et Marine, assure alors qu’il n’y avait à sa connaissance (qui normalement est forcément assez affutée sur la question !) pas de changement dans le programme. Conclusion logique : il y a encore eu une erreur, volontaire ou non, dans la communication du ministère des Armées.

Et bien en fait, il y a bien du neuf sur le SDAM, mais il aura quand même fallu près de 48 heures pour y voir plus clair, pour le plus grand désarroi des équipes concernées par ces sujets.

Au final, une mesure du plan de soutien de l’aéronautique concerne bien le SDAM, sur lequel travaillent depuis 2017 Airbus et Naval Group, sur la base du VSR 700, un drone aérien à voilure tournante développé à partir de l’hélicoptère léger Cabri G2 de la société française Guimbal. Alors qu’un seul démonstrateur devait être réalisé pour expérimenter le système, un second va être commandé afin de sécuriser le calendrier et étoffer les capacités des essais, qui se déroulent pour le moment à terre et doivent connaitre de premières manœuvres à la mer, normalement sur une frégate du type FREMM, fin 2021. Cette phase d’essais se prolongera ensuite avec une nouvelle phase, d’une durée de 18 mois, pendant laquelle la Marine nationale pourra tester les deux systèmes disponibles sur ses bâtiments.

Pour le reste, la livraison des premiers alors l’acquisition de seulement 15 SDAM est prévue, la livraison des systèmes finaux n’est toujours pas prévue avant 2028.

- Voir notre article détaillé sur le VSR 700 et le programme SDAM

Enfin, concernant le SMDM, nous avons aussi obtenu finalement quelques précisions par rapport à notre article de mercredi sur ces mini-drones qui vont être produits par la société Survey Copter, filiale d’Airbus. Le contrat, en cours de contractualisation, portait sur une vingtaine de système, avec chacun deux drones DVF 2000 Aliaca. Dans le cadre du plan de soutien à l’aéronautique, six systèmes supplémentaires vont être commandés. Les SMDM, qui équiperont de nombreux bâtiments de la Marine nationale, dont a priori les frégates du type La Fayette, les frégates de surveillance et les patrouilleurs de haute mer (sur lesquels le système a été expérimenté en 2019), doivent être livrés entre 2022 et 2025.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

227765 drone dvf 2000 commandant bouan 2014
© MARINE NATIONALE

Le DVF 2000 Aliaca lors de l'expérimentation menée en 2019 sur un PHM (©  DGA)

 

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