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La page de la crise des sous-marins entre la France et l’Australie est tournée. Le 11 juin, Canberra a annoncé que Naval Group avait accepté un chèque de 555 millions d’euros pour solde de tout compte. Le résultat de longs mois de négociations à l’issue desquels l’industriel français s’en sort bien. Certes, le « contrat du siècle », comme on l’appelait en 2016, est mort, mais Naval Group ne perd pas d’argent dans l’histoire. Mer et Marine fait le point sur ce dossier et les modalités du désengagement de l’industriel français du programme AFS.

Le nouveau premier-ministre australien, Anthony Albanese, a annoncé le 11 juin que Naval Group avait accepté une compensation financière de 555 millions d’euros pour l’abandon du programme Australian Future Submarines (AFS), décidé le 15 septembre 2021 par son prédécesseur, Scott Morrison, battu lors des récentes élections législatives. Suite à un accord secret entre Canberra, Washington et Londres, baptisé AUKUS, Morrison avait à la surprise générale mis fin au partenariat stratégique noué avec la France en 2016. La pierre angulaire de ces accords franco-australiens était le programme visant à développer et construire, en Australie, jusqu’à douze sous-marins océaniques. Des bâtiments développés à partir du design des nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) français de la classe Suffren mais avec, suivant le souhait des Australiens, une propulsion conventionnelle et un système de combat américain fourni par Lockheed-Martin. Un projet estimé à l’époque à plus de 34 milliards d’euros.

Abandon après cinq ans de travail et crise diplomatique

L’annonce de l’arrêt du programme était intervenue à un moment crucial, après cinq ans d’études et de travail pour construire un réseau local de sous-traitants et un nouveau site industriel (à côté du chantier ASC d’Osborne, près d’Adelaide) permettant de réaliser les sous-marins en Australie. Le matin même du 15 septembre 2021, Naval Group avait reçu une lettre l’informant que le gouvernement australien venait d’accepter son offre (dont l’engagement à ce qu’au moins 60% de la valeur du contrat - hors maintenance - revienne à l’économie australienne) et les choix techniques qui auraient

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