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Il y a quelques semaines, nous vous emmenions à bord de la Lorraine, ultime frégate multi-missions (FREMM) construite par le chantier Naval Group de Lorient. A quelques centaines de mètres, sur l’autre rive du Scorff, la génération suivante est déjà en train de voir le jour. C’est là que nous nous rendons aujourd’hui.

Sur la rive gauche du Scorff, la construction des anneaux de la première des nouvelles frégates de défense et d’intervention (FDI) va bon train dans les ateliers de fabrication des coques du site morbihannais de Naval Group. Le mois prochain, leur assemblage débutera dans la forme de construction. Il s’agit du futur Amiral Ronarc’h, qui rejoindra la Marine nationale en 2024.

Plus compacte pour les FREMM (unités de 142 mètres de long pour 20 mètres de large et 6000 tonnes de déplacement à pleine charge), les FDI seront des bâtiments de 4460 tpc, longs de 121.6 mètres pour 17.7 de large. Malgré ce gabarit plus modeste, les capacités miliaires des FDI seront très voisines de celles des précédentes frégates françaises.

 

 

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© NAVAL GROUP

Vue des futures FDI (© NAVAL GROUP)

 

Accélération du programme avec la commande grecque

Cinq unités de ce type vont être réalisées pour la flotte française, où elles remplaceront les frégates La Fayette (1996), Surcouf (1997), Courbet (1997), Aconit (1999) et Guépratte (2001), trois de ces FLF faisant l’objet actuellement d’un programme de rénovation. Mais Naval Group fonde également de grands espoirs sur le marché international avec sa nouvelle frégate, pour laquelle le premier client export doit être la Grèce. Une commande de trois FDI pour la marine hellénique, avec une option pour une quatrième, doit être bouclée d’ici la fin de l’année, la livraison des deux premières étant prévue en 2025 et celle la troisième en 2026. Pour ce faire, Naval Group réorganise sa chaine de production afin d’alterner les livraisons pour la France et la Grèce. De cette manière, après l’Amiral Ronarc’h, les FDI 2 et 3 seront pour la flotte hellénique et celle-ci réceptionnera l’une des deux frégates devant sortir de Lorient en 2026, l’autre (Amiral Louzeau) étant pour la Marine nationale, qui attend ses trois derniers bâtiments en 2027 (Amiral Castex), 2028 (Amiral Nomy) et 2029 (Amiral Cabanier).

L’accélération de la cadence de production n’est pas un problème pour le chantier lorientais, bien au contraire. La commande grecque va permettre de maintenir un niveau d’activité satisfaisant, sachant que l’industriel se fixe pour objectif de livrer au moins deux bâtiments par an, qu’il s’agisse de frégates ou de corvettes (deux Gowind destinées aux Emirats Arabes Unis y sont actuellement en construction pour des livraisons en 2022 et 2023). Le projet FDI comporte d’ailleurs un important volet sur la compétitivité, qui passe par une production très rapide des frégates afin de diminuer les coûts et permettre de réduire les délais de livraison à des clients souvent longs à se décider et ensuite très pressés d’obtenir leurs bateaux.

Réduire sensiblement les délais de production et d'essais

La cible de Naval Group est, ainsi, de réaliser le prototype des FDI en une quarantaine de mois, contre 72 mois pour la première FREMM et 42 pour la dixième et dernière, puis de descendre à 30 seulement mois pour les FDI de série. Un challenge qui a nécessité une réorganisation des procédés de production et une modernisation de l’outil industriel, via un programme de plusieurs dizaines de millions d’euros d’investissements mené ces dernières années.  

Dans les ateliers, des panneaux affichent les objectifs : 140 jours œuvrés pour réaliser un anneau complet. Des anneaux, il y en aura neuf pour constituer la coque, auxquels s’ajouteront cinq éléments de superstructures (hangar, zone centrale avec notamment niches des embarcations et la cheminée, bloc passerelle) et la mâture intégrée. C’est bien moins que pour les FREMM, qui comptent dix anneaux, six blocs de superstructure et trois autres pour la mâture et la cheminée.

50.000 pièces métalliques à découper et assembler

Tout commence à l’atelier coque, où de grandes tôles de 12 mètres par 3 servent à la production des pièces métalliques : « nous découpons environ 50.000 pièces par bateau. On fait d’abord les ponts, les bordés et les cloisons, que l’on assemble dans l’atelier pour réaliser la partie haute des anneaux, qui sont fabriqués à l’envers pour que le travail soit moins pénible », explique à Mer et Marine Claire Ferchaud, responsable du département Atelier Coque sur le site Naval Group de Lorient. Les tôles, dont certaines sont ensuite confiées aux bons soins des formeurs, ouvriers hautement spécialisés capables de leur donner les formes les plus complexes, sont découpées au moyen d’une

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