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Alors que Barack Obama a exhorté hier le Congrès américain à voter rapidement pour autoriser une intervention en Syrie, l’US Navy continue de fourbir ses armes. Le Pentagone a notamment décidé de faire passer le groupe aéronaval emmené par le porte-avions USS Nimitz de l’océan Indien à la mer Rouge. Cette force, qui comprend également le croiseur USS Princeton, ainsi que les destroyers USS William P. Lawrence, USS Stockdale et USS Shoup, a franchi le golfe d’Aden mercredi dernier. Des officiels américains ont précisé à la chaîne de télévision ABC News que ces bâtiments n’avaient reçu aucun ordre concernant la Syrie mais que leur repositionnement en mer Rouge permettait, le cas échéant, de disposer de moyens supplémentaires si une action est déclenchée contre le régime de Bachar El-Assad.

 

Pour le moment, le dispositif américain positionné au large  de la Syrie dans la perspective de frappes éventuelles comprend cinq destroyers (USS Gravely, USS Barry, USS Ramage, USS Mahan et USS Stout), qui embarquent environ 200 missiles de croisière Tomahawk, ainsi que le transport de chalands de débarquement USS San Antonio. Ce dernier a franchi le canal de Suez le 29 août et, plutôt que de rentrer directement aux Etats-Unis à l’issue d’un déploiement de plusieurs mois, a reçu l’ordre de demeurer en Méditerranée orientale. Il pourra notamment servir de bâtiment de commandement.

 

 

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© US NAVY

L'USS San Antonio dans le canal de Suez (© US NAVY)

 

 

Fin de mission pour le porte-avions

 

 

L’USS Nimitz achève lui aussi un long déploiement dans la région de l’océan Indien et du golfe Persique, au cours duquel son groupe aérien embarqué a notamment soutenu les troupes américaines engagées en Afghanistan. Remplacé fin août par le groupe aéronaval articulé autour de l’USS Harry S. Truman, l’USS Nimitz et son escorte devaient regagner la côte ouest des Etats-Unis via l’océan Pacifique. Les bâtiments jouent donc les prolongations en raison des circonstances.  Une présence aussi diplomatique que militaire, même s’il n’est à priori pas question de lancer des raids de l’aviation US sur la Syrie. Si les Etats-Unis et leurs alliés, à commencer par la France, décident d’intervenir, l’opération sera limitée et devrait uniquement porter sur des tirs de missiles de croisière. La remontée éventuelle de la mer Rouge par l’USS Nimitz constituerait en tous cas un signal très fort vis-à-vis du régime de Damas. En plus de la chasse embarquée, son escorte dispose également de plusieurs centaines de Tomahawk, s’ajoutant à ceux des destroyers déjà positionnés au large de la Syrie. Des engins pouvant être lancés à très grande distance (les derniers modèles ont une portée de 2400 km) de leurs objectifs, c’est dire sans avoir besoin d’entrer en Méditerranée. Les missiles pourraient en effet être tirés depuis le nord la mer Rouge et passer dans les espaces aériens de l’Arabie Saoudite et de la Jordanie, deux alliés de Washington. Cette option, certes complexe, présenterait l’avantage de ne pas brusquer le pouvoir égyptien, retissant à l’idée de laisser un groupe de combat franchir Suez pour frapper la Syrie.   

 

 

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© US NAVY

Destroyers lance-missiles du type Arleigh Burke (© US NAVY)

 

 

Des relèves opportunes

 

 

Il est en tous cas intéressant de voir que le renforcement des moyens américains dans la zone a été uniquement réalisé au moyen de relèves. Un hasard du calendrier très opportun qui a vu le nombre de destroyers en Méditerranée passer de trois en temps normal à cinq actuellement, deux bâtiments étant arrivés dans le secteur pour relever leurs sisterships, finalement maintenus sur zone. Il en va de même pour le TCD San Antonio et le porte-avions USS Nimitz, qui a quitté la côte ouest des Etats-Unis en avril dernier.  

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