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Mercredi 10 mars, la Cellule Plongée Humaine et Intervention Sous la Mer (CEPHISMER) de la Marine nationale a posé une plaque commémorative sur l’épave du sous-marin Eurydice, disparu avec ses 57 membres d’équipage au large du Cap Camarat (Var) le 4 mars 1970. Elle porte la mention : « Marins de l’Eurydice, Vous qui nous avez quitté le 4 mars 1970, nous ne vous oublions pas. Vos familles, vos frères d’armes, vos amis ». Cette plaque, explique la Marine nationale, « symbolise le devoir de mémoire des membres des forces sous-marines et de l’ensemble des marins envers leurs 57 camarades disparus à son bord lors de son naufrage ». Cette opération s’est notamment déroulée en présence d’un représentant de l’état-major de l’escadrille des sous-marins nucléaires d’attaque (ESNA) basée à Toulon représentant l’Amiral commandant la force océanique stratégique et l’ensemble des forces sous-marines de la Marine nationale. Elle a été également organisée en lien avec les familles des marins de l’Eurydice par l’intermédiaire de l’ESNA et de l’AGASM (association générale des amicales de sous-mariniers).

Initialement, elle était prévue il y a un an, peu après une cérémonie d’hommage qui s’est déroulée le 4 mars 2020 au monument des sous-mariniers de Toulon à l’occasion du 50ème anniversaire du naufrage de l’Eurydice. Mais la crise sanitaire et le confinement avaient obligé à reporter l’immersion de la plaque. 

 

Diaporama orphelin : container

 

Celle-ci s’est donc finalement déroulée mercredi grâce à l’intervention du robot télé-opéré (ROV) Diomède, de la CEPHISMER, qui a été déployé à partir du bâtiment de soutien et d’assistance affrété (BSAA) Jason. Capable de plonger jusqu’à 2000 mètres, le ROV, qui sert habituellement aux interventions et investigations sous-marine ou la récupération d’objets, a emporté la plaque pour la déposer sur l’épave de l’Eurydice, qui gît par 750 mètres de fond et constitue une sépulture sous-marine.

Construite à Cherbourg, l’Eurydice était le quatrième des onze sous-marins français du type Daphné. Parmi eux, il y avait aussi la Minerve, disparue le 27 janvier 1968 avec ses 52 membres d’équipage au large du Cap Sicié et dont l’épave a été retrouvée le 21 juillet 2019

Ces bâtiments de 57.7 mètres de long et un peu plus de 1000 tonnes en plongée étaient équipés de 12 tubes lance-torpilles (8 avant, 4 arrière). Pouvant atteindre 15 nœuds en immersion, les Daphné étaient propulsés par deux hélices. Mise à l’eau en juin 1962, l’Eurydice est admise au service actif en septembre 1964. Ironie de l’histoire, c’est à bord de ce bâtiment que le général de Gaulle avait embarqué en février 1968 pour rendre hommage aux hommes de la Minerve et apporter son soutien aux sous-mariniers, traumatisés par cette perte. Deux ans après le naufrage de la Minerve et un an après la visite de l’ancien chef de l’Etat, l’Eurydice disparaissait à son tour au large de Saint-Tropez. Contrairement à la Minerve, son épave avait pu être retrouvée dès le 22 avril 1970 suite à des recherches franco-américaines.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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