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La seconde génération de défense antimissile balistique américaine a franchi un nouveau pas. Le 9 mai, dans l'océan Pacifique, le croiseur USS Lake Erie a tiré le nouveau missile SM-3 Block 1B, qui a intercepté avec succès une cible simulant un missile balistique à courte portée. L'engin avait été lancé depuis le centre d'essais de Kauai, à Hawaii. Equipé avec la seconde génération du système de défense Aegis BMD 4.0.1, le Lake Erie a pu détecter et pister la cible grâce à son radar SPY-1. Le système de combat a, alors, offert une solution d'interception, permettant de lancer le SM-3 Block 1B vers sa cible et la détruire. Pour mémoire, les précédents tirs avaient été réalisés avec un système Aegis BMD 3.6.1 et des missiles SM-3 Block 1A. « Le SM-3 a manoeuvré jusqu'à un point dans l'espace, comme désigné par la solution de tir, et a libéré son ogive cinétique. Celle-ci a acquis la cible et, utilisant seulement la force d'un impact direct, a engagé et a détruit la menace », explique la marine américaine. Tir de SM-3 Block 1B le 9 mai (© : US NAVY) Le couple Aegis BMD 4.0.1 / SM-3 Block 1B va permettre d'améliorer la capacité du système de défense américain contre une gamme de missiles balistiques à plus longue portée et des engins de plus en plus sophistiqués, tout en construisant une parade contre des attaques massives. Le SM-3 Block 1B dispose d'un autodirecteur infrarouge à deux couleurs, qui améliore la sensibilité pour l'acquisition de cibles à plus longue portée et la rapidité du traitement de données pour l'identification. Le missile compte aussi un processeur de signal amélioré et un nouveau système de commande d'altitude pour manoeuvrer l'engin dans sa phase d'interception. Tir de SM-3 sur un Arleigh Burke (© : US NAVY) Arleigh Burke (© : US NAVY) Lancé à la fin des années 90, le programme de défense anti-missile balistique américain a connu de nombreux tirs d'essais depuis 2001, avec 53 interceptions réussies sur 67 lancements effectués. L'Aegis Ballistic Missile Defense (BMD) compte, plus particulièrement, 22 neutralisations de cibles sur 27 tirs réalisés. Le dispositif vise à apporter un bouclier anti-missile aux Etats-Unis et à leurs alliés. Les moyens d'interception sont mis en oeuvre depuis les croiseurs du type Ticonderoga et les destroyers du type Arleigh Burke. En dehors des côtes américaines, le dispositif présente l'avantage, du fait de sa nature navale, de pouvoir être déployé partout dans le monde, là où les bâtiments sont positionnés. Cette capacité est, par exemple, disponible dans la région du golfe Persique et en Asie du sud-est. Washington a aussi décidé, pour procurer un parapluie à l'Europe dans le cadre de l'OTAN, de baser quatre Arleigh Burke en Espagne en 2014 et 2015. Le Japon bénéficie également de cette technologie, mise en oeuvre depuis les destroyers du type Kongo, dérivés des Arleigh Burke. Tir d'un SM-3 depuis un destroyer japonais (© : US NAVY)

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