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CLS, filiale du CNES et de la société CNP (groupe Frère), a décroché il y a quelques semaines le contrat Trimaran III pour lequel il va fournir à la Marine Nationale une couverture satellitaire s'appuyant sur près de 300 satellites pour la période 2021-25. Venant en complèment des systèmes satellitaires déjà existants, Trimaran III va offrir une solution de surveillance des 11 millions de km2 de la zone économique exclusive françaises. Pour celà, la société a développé un système complet combinant l'imagerie satellitaire, les données d'identification des navires (AIS), les bases de données commerciales et les nouvelles technologies de l'information (de type machine learning et intelligence artificielle). Ce qui devrait donner à la Marine une capacité de couverture et de surveillance quasi en temps réel de l'espace maritime national.

Pour garantir une couverture de cette espace aussi étendu, CLS a donc misé sur une diversité de capteurs satellitaires pour offrir une augmentation de la fréquence d'acquisition et une diversité des prises de vues. « Pour ce contrat, CLS propose en effet les données de plus de 300 satellites ce qui constitue l’une des ruptures technologiques avec le contrat précédent, l’autre rupture technologique  étant l’introduction du big data et de l’intelligence artificielle avec la possibilité inédite d’agréger et de rendre intelligibles d’immenses quantités de données » explique CLS à Mer et Marine. « Sur un mode absolument agnostique, nous proposons les données issues de diverses constellations. Dont nous ne sommes pas propriétaires,nous achetons la donnée, la recevons, la rendons intelligible et l’expertisons. Nous avons réfléchi pour ce contrat à un choix qui se base à la fois sur des constellations historiques et sur de nouvelles constellations, qu’on appelle aujourd’hui le « new space » de plus petits satellites plus nombreux.Ces dernières ont une longévité souvent plus courte,  en revanche elles sont lancées par paquet de 10 ou 20 satellites, ce qui permet un taux très intéressant de revisite avec beaucoup de données sur 24 heures et donc des résultats très satisfaisants. C’est un changement de paradigme, et c’est aussi le reflet du milieu industriel et de ce qu’il offre en terme de nouvelles possibilités ». 

Le contrat va offrir deux niveaux de prestations. Il y aura d'abord de la veille maritime en continu, donc temps réel,  de sites, de zones d’intérêt, de navires via le système AIS des bateaux qui permet en permanence et en temps réel de localiser la flotte mondiale.  Les données AIS  sont intégrées dans la plateforme de suivi temps réel fournie par CLS à la Marine nationale que ce soit pour les zones au large, les zones côtières ou portuaires. Ensuite, il va y avoir un système de requêtes qui prévoit une commande d’images sur un événement donné (pollution suspectée, pêche illégale) et sur ces aspects à la demande la réponse CLS sera, en fonction du meilleur service satellitaire sur zone, la fourniture d’un bulletin de situation détaillé. CLS a mis en place un portail de requêtes :  sur simple demande en cas d’évènement qui demande une surveillance accrue (acte illicite en mer, navire d’intérêt, pollution…), la Marine nationale peut commander des images sur une zone en particulier et il lui est alors fourni un bulletin de surveillance. Une plateforme unique, baptisée MAS (Maritime Awareness System), va permettre à chaque commandement de zone maritime ou toute unité de la Marine, pourra accéder 24h/24 et 7 jours/7 aus système d'analyse complet et à la capacité d'acquisition satellitaire. Pour offrir ce service, CLS s'est associé avec Preligens, une société française spécialisée dans l'intelligence artificielle et l'analyse de données géospatiales pour le renseignement.

La station Vigisat de CLS, basée à Brest est la première station civile de réception d’images satellites haute résolution. C’est là que sont reçues, décryptées, analysées, expertisées et intégrées les données. CLS va mettre une disposition une expertise 24h/24, basée à Brest et à Toulouse de la photo interprétation expérimentée et une forte expertise en R&D pour l’algorithmie. A Toulouse, plus de 10 personnes sont mobilisées sur les aspects solution logicielle et intelligence artificielle. De jour comme de nuit, ce sont plus de 30 personnes à CLS qui sont dédiées à Trimaran III.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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