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« Douze ans, ça fait un bail ». Georges Tourret n’a pas le ton nostalgique. « Non, l’important, c’est que l’Institut Maritime de Prévention continue ». L’indispensable IMP, qui œuvre depuis 23 ans pour améliorer la sécurité et les conditions de travail des gens de mer, marins de commerce, pêcheurs et ostréiculteurs et qu’il a présidé depuis 2003. « L’heure de la relève de quart est arrivée. Je suis très confiant, celle-ci se fera sereinement, parce que mon successeur Philippe Castel connaît très bien l’IMP, il travaille avec nous depuis un an. Et qu’il a une équipe formidable, autour de la directrice Françoise Douliazel ».

 

La culture de la sécurité en mer

Georges Tourret, après une longue carrière d’administrateur des Affaires maritimes durant laquelle il a notamment créé le Bureau Enquête Accident Mer, a choisi de s’investir dans la prévention dans l'un des milieux les plus accidentogène. « En 12 ans, j’ai pu constater que la culture de sécurité s’est considérablement développée dans l’ensemble des entreprises maritimes. L’IMP a accompagné ce développement, qui s’est inscrit dans un mouvement collectif ». Les années 2000 seront celles de l’arrivée des documents uniques de prévention, rendus obligatoires par la loi et contrôlés par l’inspection du travail. « Nous avons mis en place des outils pour accompagner les entreprises de toutes les tailles dans cette nouvelle démarche en « maritimisant » les procédures terrestres. En 2005-2006, nous avons commencé ce travail avec CMA CGM, puis nous avons étendu cela au secteur du transport maritime grâce à une collaboration avec Armateurs de France. Nous avons ensuite profité de ces premiers retours d’expérience pour « traduire » ces documents pour le secteur de la pêche. J’ai toujours aimé voir ce continuum entre toutes les activités en mer qui apprennent les unes des autres ».

 

Aller en mer

Pour accompagner les professionnels, il faut, encore plus qu’ailleurs, comprendre leur quotidien. « C’est pour cela qu’il faut aller en mer. L’IMP part en mer depuis sa naissance, c’est dans son ADN. Nos techniciens et ingénieurs effectuent entre 50 et 100 jours par an embarqués. L’expérience acquise à la mer est indispensable, pour se rendre compte des conditions réelles de navigation, du matériel qui peut être adapté». Les équipements de protection individuelle, par exemple. « Il fallait trouver quelque chose qui convienne aux marins pour qu’ils l’utilisent sans effort, sans que cela ne leur pèse, ni les gêne ». Georges Tourret en a fait sa croisade. « Le vêtement à flottabilité intégrée (VFI), je l’ai découvert au Canada et je me suis dit que ça pouvait peut-être marcher ».

 

Les mentalités ont évolué

Ça a marché. Les marins l’ont adopté et le VFI a sauvé beaucoup de vie. « Les mentalités ont évolué ». Georges Tourret montre la couverture de l’agenda 2015 du comité national des pêches. « Regardez la photo. Il y a un des pêcheurs qui assure l’autre. La sécurité au travail, ce n’est pas seulement dans le matériel et les procédures. Quand on porte un VFI, un réflexe se déclenche dans le cerveau. C’est une porte d’entrée dans la culture de la sécurité ».

Les accidents, il y en a toujours. « Evidemment, ce sont les évènements qui retiennent l’attention. Mais c’est aussi parce qu’ils sont plus rares ». Et que grâce au travail de l’IMP, des vies sont sauvées, même en cas de naufrage, notamment grâce au VFI et à la meilleure utilisation des radeaux de sauvetage. « J’ai le sentiment d’avoir travaillé à un effort collectif et j’en suis heureux ».

 

Un successeur naviguant

Georges Tourret ne veut guère parler de lui. Il préfère que l’on s’intéresse à son successeur, « un naviguant et un ancien directeur d’armement, cela fera une suite opérationnelle après la phase administrative que nous venons de traverser ». Philippe Castel, officier de marine marchande, a participé à la création de l’armement des Phares et Balises. Il a beaucoup travaillé à la mise en place d’une politique de prévention à bord de ses baliseurs. « Il fallait quelqu’un comme lui pour prendre la suite, il connaît l’esprit d’entreprise et le point de vue des exploitants ».

Georges Tourret sourit sous la pluie de l’avenue La Perrière à Lorient avant de reprendre le train vers son soleil méridional. Cinquante ans au service de la mer et des marins... « Je continuerai à regarder ce monde maritime vivre. Il m’a tant passionné ». 

 

 

L'équipe de l'IMP de Lorient (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

Retrouvez notre reportage sur l'IMP

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