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Le navire de SOS Méditerranée engagé dans les opérations de sauvetage au large de la Libye a de nouveau été très sollicité la semaine dernière. Lors de trois opérations distinctes, entre mercredi et samedi, 458 personnes ont été secourues par les équipes de l’Aquarius. 79 autres naufragés, recueillis par un bâtiment des garde-côtes italiens, ont été en plus transférés à bord dans la soirée de samedi. Le navire a ensuite mis le cap vers le port sicilien de Trapani pour débarquer ces hommes, femmes et enfants. « Mercredi 18 avril, 164 personnes ont été sauvées d'un canot pneumatique surchargé en détresse dans les eaux internationales à l'est de Tripoli par les équipes de SOS Méditerranée. Le sauvetage a été effectué en coopération avec le navire de l'ONG Seefuchs, un hélicoptère de la marine italienne et le Centre italien de coordination des secours en mer (IMRCC). Samedi 21 avril, l’Aquarius a porté secours à 222 personnes entassées à bord d'un vieux bateau en bois, dans les eaux internationales à l'ouest de Tripoli. L'opération a été menée en coordination avec le Centre italien de coordination des secours en mer (IMRCC). 72 personnes ont ensuite été sauvées d'un petit canot pneumatique lui aussi surchargé, dans la même zone. Les opérations de recherche et sauvetage ont été effectuées par l’Aquarius en coopération avec l'Astral de l'ONG ProActiva, et l'avion Moonbird de l'ONG Sea-Watch. Samedi soir, l'Aquarius a enfin reçu un transfert de 79 personnes sauvées plus tôt par un navire des garde-côtes italiens », précise SOS Méditerranée, qui opère l’Aquarius en partenariat avec Médecins sans Frontières.

Depuis le début de l’intervention du navire, en février 2016, plus de 27.000 personnes ont été recueillies par ce seul moyen de sauvetage.

Alors que l’Europe met la pression sur la Libye et les pays africains pour faire cesser les flux migratoires passant par la Méditerranée centrale, ce qui s’est traduit par une baisse sensible des arrivées en Italie, l’association franco-allemande dénonce une situation toujours extrêmement difficile en Libye et en mer. Même s’ils sont moins nombreux à partir, les migrants continuent d’être entassés sur des bateaux extrêmement fragiles, risquant le naufrage et la noyade à la moindre vague un peu forte ou au premier mouvement de panique. Les relations avec les garde-côtes libyens, qui sont plus actifs depuis l’été 2017 et interviennent parfois très au large, demeurent en outre délicates. SOS Méditerranée déplore de devoir régulièrement renoncer aux opérations de secours dans lesquelles est engagé l’Aquarius et souhaite une meilleure organisation du sauvetage. « Les opérations de secours de mercredi et samedi montrent clairement qu'il y a encore une grave crise humanitaire en Méditerranée au large des côtes libyennes. Seule une coordination transparente avec les autorités maritimes compétentes, ainsi qu’une collaboration organisée et efficace entre les bateaux de sauvetage humanitaires et les moyens européens opérant dans la zone permettent de sauver des vies, de protéger ces hommes, femmes et enfants en détresse et de les accompagner dans un lieu sûr. SOS Méditerranée reste profondément préoccupée car ces dernières semaines nous voyons de plus en plus les recherches initiées suivant les instructions du centre de coordination des sauvetages en mer italien être interrompues par des interceptions des garde-côtes libyens. Dans ces conditions, la confusion règne, le transfert d’informations ne suit pas toujours, la rapidité des opérations et donc la vie de centaines de personnes en détresse sont gravement mises en péril. Et lorsque des interceptions sont effectuées, elles aboutissent au renvoi inacceptable des personnes vers l’enfer libyen », affirme Francis Vallat, président de SOS Méditerranée (votre notre interview de Francis Vallat).

 

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