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Cent trente personnes ont disparu en Méditerranée, la semaine dernière, lors du naufrage d’une embarcation pneumatique, au nord-est de Tripoli (Libye). Arrivé sur zone, le 22 avril, après une alerte transmise par un pêcheur à l’ONG Alarm Phone, faisant état d’une embarcation de migrants en détresse, le navire humanitaire Ocean Viking, de SOS Méditerranée, a découvert une dizaine de corps. Le roulier My Rose a pour sa part repéré trois corps, tandis qu’un avion de Frontex (un Diamond DA62 MPP) trouvait l’épave d’une embarcation pneumatique. Deux autres navires ont participé aux recherches : le porte-conteneurs Alk et le chimiquier Lisbeth.

Selon SOS Méditerranée, qui a également cherché une embarcation en bois avec 40 personnes à bord, dont elle n’a trouvé trace, la mer était très dure, avec des creux de 6 mètres. Lorsque l’alerte a été donnée, l’Ocean Viking se trouvait à plus de 10 heures de navigation du lieu du naufrage.

« Les États abdiquent leur responsabilité de coordonner les opérations de recherche et de sauvetage, laissant les acteurs privés et la société civile combler le vide mortel qu'ils laissent derrière eux », a estimé l’ONG. « Nous pouvons voir le résultat de cette inaction délibérée dans la mer autour de notre navire ». L’ONG Alarm Phone a estimé que « les autorités les ont laissé sciemment mourir en mer », expliquant avoir relayé la position de l’embarcation pendant plusieurs heures aux autorités européennes, comme libyennes. Elle déplore que seul un avion de Frontex ait été déployé 7 heures après la première alerte. Selon elle, les garde-côtes libyens avaient refusé de lancer une opération de secours en raison des mauvaises conditions météo.

Le Pape a réagi en personne à ce qu’il a qualifié de « tragédie », y voyant « un moment de honte ».

Le Sea Watch 4 de retour sur zone

Par ailleurs, l’ONG Sea Watch a annoncé vendredi que son navire humanitaire, le Sea Watch 4, avait repris la mer. Parti de Burriana, en Espagne, il se dirigeait vers la Méditerranée centrale. Ce navire a été bloqué pendant plusieurs mois (de septembre à mars) en Italie pour des motifs administratifs. En attendant une décision de la Cour européenne de justice, le tribunal administratif de Palerme avait finalement autorisé le navire à reprendre la mer. Plusieurs navires humanitaires avaient ainsi été bloqués en Italie l’automne dernier. Avant de reprendre ses opérations, le Sea-Watch 4 devait passer par un chantier.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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