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La route des Canaries s’impose comme un passage de plus en plus fréquenté par les migrants cherchant à gagner l’Europe depuis l’Afrique de l’Ouest et le Maroc. Ainsi, dimanche 26 septembre, 340 personnes ont débarqué dans l’archipel espagnol en une seule journée. Ils avaient pris place à bord de huit embarcations.

Vendredi dernier, l’Observatoire international pour les migrations (OIM) a tenu à alerter à nouveau sur la situation. Non seulement cette route est de plus en plus fréquentée, mais elle est très dangereuse. Des migrants tentent de rejoindre l’archipel espagnol depuis Nouadhibou (Mauritanie) ou Dakhla (Maroc), parcourant de grandes distances dans des mers agitées. Ainsi, au moins 785 personnes, dont 177 femmes et 50 enfants, sont mortes où ont disparu en tentant de gagner les Canaries depuis le début de l’année, rapportait l’OIM le 24 septembre. Des chiffres certainement sous-estimés, a souligné Frank Laczko, directeur du Centre mondial d’analyse des données sur la migration de l’OIM. Pour le seul mois d’août, ce sont 379 personnes dont le décès a été documenté. L’année passée avait déjà vu un nombre record de décès depuis 2014, quand l’OIM a commencé à collecter des données, avec 850 personnes disparues. Mais cette année, la route est beaucoup plus fréquentée, puisque sur les huit premiers mois de l’années, 9386 personnes sont arrivées aux Canaries par la mer, soit plus du double par rapport à la même période en 2020 (3933). Frank Laczko a appelé à une « réponse globale », ainsi que « des capacités de recherche et de sauvetage renforcées par les États et des voies pour une migration sûre, ordonnée et régulière ». 

L’UNHCR (Agence des nations unies pour les réfugiés) estimait en début d’année que ces tentatives de traversées sont notamment liées à la fermeture des frontières et aux effets économiques provoqués par la pandémie. Les migrants qui tentent la traversée viennent surtout du Maroc, du Sénégal et du Mali. Beaucoup travaillaient dans l’agriculture ou la pêche, des secteurs touchés par des mesures de restriction prises pour lutter contre le coronavirus. Certaines études tendent à montrer que la pandémie ne réduit pas les intentions des candidats à l’exil, agissant au contraire comme un catalyseur en exacerbant des difficultés économiques.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

 

 

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