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Un amiral succède à un autre amiral. Olivier Lajous va prendre la barre de la SNSM le 31 mai. L'ex-DRH de la Marine va manager 7.000 bénévoles. Il embarque avec appétit. Deux hommes en « tenue de combat », une virile poignée de main : une belle photo à la Une du dernier numéro de Sauvetage. L'amiral Yves Lagane, après huit ans de bons et loyaux services va passer la barre le 31 mai à l'amiral Olivier Lajous, ex-DRH de la Marine. Certes, le nouveau président de la SNSM n'est pas encore élu. Un secret de Polichinelle. L'amiral Lagane a annoncé publiquement le nom de son successeur. « C'est un vieux principe dans la Marine, tant qu'on n'a pas pris le quart, on ne tient pas à embêter celui qui est en train de le tenir ! », souligne Olivier Lajous, connu pour son franc-parler. Il a beaucoup cogité avant d'embarquer à la SNSM. C'est du bénévolat à quasi plein-temps. De lourdes responsabilités. Des tensions à gérer entre Paris et les stations. Il a réfléchi. Il a finalement dit oui. 
 
 
Passion et raison 
 
 
Le premier des bénévoles embarque avec appétit dans cette mission, dit-il, « noble ». Tout comme eux - 4.000 bénévoles toute l'année, 7.000 en été - il va essayer de mêler passion et raison à la tête de la maison. Olivier Lajous est un amiral à part. 38 ans de service dont 17 à la mer, 450.000 milles nautiques parcourus soit 20 tours du monde au compteur, l'homme a bourlingué. Le vice-amiral d'escadre n'a pas suivi la voie royale, l'École navale. Embarqué comme simple matelot pour son service militaire en 1974, celui qui était alors, dit-il, plutôt rebelle est repéré par ses supérieurs. Il va rester dans la Marine et monter une à une les marches de « l'escalier social ». Des années « d'école de vie ». Une école qui passe par la mer, le Liban, l'Afrique où il rencontre un certain Coluche, qui deviendra un ami, un rôle de quelques petites secondes dans un James Bond. Atypique, on vous dit. 
 
 
Priorité à la formation 
 
 
Encore un amiral président de la SNSM ! Olivier Lajous, qui sera le septième, comprend très bien que cela puisse en agacer certains. « Ce n'est pas complètement absurde. C'est tout de même quelqu'un qui a fait ses preuves de marin, qui a l'expérience de la mer, et des hommes », souligne l'amiral. Mais il n'est pas homme à exclure : il verrait bien aussi quelqu'un de la marine marchande, un pêcheur, un navigateur, une femme qui aurait traversé les océans à la tête de la SNSM. En attendant, le nouveau chef d'état-major de la SNSM est prêt à relever de nouveaux défis, dans le sillage de ce que l'amiral Lagane a mis en place. La priorité reste la formation. « Dans un monde qui se judiciarise, en cas d'accident nous devons être inattaquables. La formation, ce n'est pas fait pour les embêter, mais pour les protéger. » 
 
 
Maîtrise des coûts 
 
 
Autre chantier : la maîtrise des coûts avec un État qui a et donne de moins en moins d'argent. Aujourd'hui, c'est 25 à 30 % du budget de la SNSM. Un autre défi est à relever : il s'agit de convaincre les 224 stations de mettre au pot commun une partie de leurs revenus. Un travail engagé par Yves Lagane. Aujourd'hui, il y a des stations « riches » et d'autres « pauvres ». Il faut de la solidarité. Comme en mer. « Avec le siège, c'est aussi le jeu du je t'aime, moi non plus. Il faut arrêter de bouffer du Parisien », s'exclame l'amiral. Olivier Lajous le sait bien : il ne réussira qu'en gagnant la confiance des bénévoles. L'homme qui a été nommé « DRH de l'année » en 2012 ne manque pas d'atouts pour y arriver.
 
 
Un article de Catherine Magueur, de la rédaction du Télégramme
 

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