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En foulant mardi le sol du minuscule et inhospitalier îlot Tromelin, sur lequel flotte le drapeau tricolore, le ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, espérait clore la polémique suscitée en France par le projet de loi ratifiant sa gestion commune avec l'île Maurice. Un texte dénoncé comme un "abandon de souveraineté" par les opposants à l'accord. "A Tromelin, on est chez nous", a affirmé le ministre dès son départ en bateau, lundi, pour cette île de 1 km carré seulement,  mais dont l'espace maritime représente plus de la moitié de la France.

 
Plus de 21 heures de voyage à bord du Marion Dufresne, le navire des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), ont été nécessaires pour débarquer sur cette langue de sable ovoïde, découverte par un navigateur français en 1722, occupée continuellement par la France depuis 1954 et gérée par le préfet des TAAF depuis 2007.
 
Située à 520 km au nord de La Réunion, l'îlot porte d'ailleurs le nom d'un Breton, le chevalier de Tromelin, venu secourir des esclaves malgaches, abandonnés là par des négriers de la Compagnie des Indes après un naufrage, à la fin du XVIIIe siècle.  
 
 
Une île revendiquée par Maurice depuis 1976
 
 
Paradis des tortues vertes, fous masqués et frégates, ce territoire est revendiqué par l'île Maurice depuis le 2 avril 1976. Les Mauriciens estiment que le Traité de Paris de 1814, par lequel la France a cédé à la Grande-Bretagne l'île Maurice et ses dépendances, incluait Tromelin, qui aurait donc dû leur revenir à l'indépendance, en 1968.
 
Depuis, la question de la souveraineté de Tromelin n'a cessé d'empoisonner les relations entre les deux pays. Pas moins de 20 années de négociations - entamées en 1990 par François Mitterrand et poursuivies sous les présidences Chirac et Sarkozy -  ont été nécessaires pour qu'un accord soit signé le 7 juin 2010, prévoyant une "cogestion" économique, scientifique et environnementale de l'île. 
 
 
Pas de changement de la position  française ou mauricienne
 
 
L'accord stipule dans son article 2 que "rien dans (le texte) ni aucun acte en résultant ne peut être interprété comme un changement de la position  française ou mauricienne sur la question de la souveraineté ou des compétences territoriales et maritimes", a souligné le préfet des TAAF, Pascal Bolot.
 
Approuvé par le Sénat en décembre 2012, dans le cadre de la procédure simplifiée, le vote du texte a dû être déprogrammé au dernier moment, jeudi à l'Assemblée nationale à la suite de la colère du député UDI du Tarn Philippe Foliot, qui a réclamé un débat sur le fond. L'accord, selon celui-ci, crée un "grave précédent d'abandon de souveraineté", avec le risque d'effets identiques pour d'autres îlots français situés dans l'océan indien, dont Europa, Glorieuses et Juan de Nova, revendiquées, elles, par Madagascar.
 
 
Un article de l'AFP visible sur le Télégramme

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Terres australes et antarctiques françaises (TAAF)