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L’Aida, nouvelle vedette de l’Ecole Nationale d’Enseignement Maritime de Madagascar, a été inaugurée le 14 juin à Majunga, en présence des autorités locales, dont le ministre des Transports. Ce bateau n’est autre que l’ex-Notre-Dame du Trégor II, ancienne vedette de la station SNSM de Primel-Trégastel, dans le Finistère. Récupérée par l’association Marins sans Frontières, elle avait été totalement remise en état avant de partir pour l’océan Indien. En octobre 2011, la vedette avait embarqué à Toulon sur le MN Eider, l’un des rouliers affrétés par l’Etat-major des Armées pour assurer le soutien logistique des unités déployées outre-mer. Profitant d’une rotation vers l’océan Indien de ce navire, l’association avait fait acheminer la vedette à Mayotte, d’où elle a rejoint ensuite Nosy Be, une île située au nord-ouest de Madagascar, dans le canal du Mozambique. C’est là que, normalement, elle devait être réarmée pour assurer des missions de sauvetage au profit des pêcheurs, touristes et autres marins au commerce naviguant dans cette zone très fréquentée et réputée comme dangereuse. Marins san Frontières, qui mène des actions humanitaires depuis plus de 20 ans en Afrique, a toutefois joué de malchance. L’intermédiaire local devant assurer l’exploitation s’étant révélé défaillant, la vedette est restée au sec durant un an. Jusqu’à ce qu’une nouvelle solution soit trouvée par l’association, soutenue notamment par le Cluster Maritime Français, en l’occurrence l’utilisation de la vedette par l’ENEM de Madagascar.

 

 

Missions de formation mais aussi de sauvetage

 

 

Une convention a donc été signée avec l’Agence Portuaire, Maritime et Fluviale malgache, permettant la mise à disposition gracieuse de la vedette pour une durée de 5 ans renouvelable. Rebaptisée Aida, elle servira à la formation des élèves de l’école de la marine marchande, tout en remplissant également des missions de sauvetage dans le secteur de Majunga, où se trouve l’établissement. Quant à Nosy Be, Marins sans Frontières ne baisse pas les bras. « Il y a un véritable besoin dans cette zone, qui nécessite un moyen de sauvetage adapté. Nous avons tiré les leçons de l’échec que nous avons rencontré et travaillons pour pouvoir mettre en place une autre vedette à Nosy Be », explique-t-on au sein de l’association. Suite à l’inauguration de l’Aida, d’autres demandes sont également parvenues à Marins sans Frontières. Ainsi, un médecin officiant sur l’île de Sainte-Marie souhaite mettre en place une coopération afin de disposer d’une vedette pour les évacuations sanitaires dans cette région régulièrement frappée par les intempéries. Un projet qui intéresse vivement l’association française. Celle-ci discute notamment avec la Société nationale de Sauvetage en Mer afin, si possible, de renouveler l’expérience de l’ex-Notre Dame du Trégor II et, ainsi, offrir une seconde vie dans l’humanitaire à des vedettes déclassées.

 

 

Le Zarga à Nosy Be (© : MARSF)

 

 

Déjà plusieurs bateaux au profit des populations malgaches

 

Marins sans Frontières intervient depuis de nombreuses années à Madagascar. Au fil du temps, l'association a mis en place plusieurs services permettant d'aider les populations locales et de soutenir le développement économique dans des zones enclavées. Déjà, à Nosy Be, elle compte un chaland d'une vingtaine de mètres, le Zarga. Pouvant transporter 4 véhicules et 60 passagers, ce bateau assure une liaison maritime avec Madagascar. Les rotations à caractère commercial permettent, ainsi, de financer, 55 jours par an, l'intervention dans des villages qui ne sont pas accessibles par la route de médecins locaux, qui mènent notamment des campagnes de vaccinations et effectuent des visites médicales au profit des habitants. Marins sans Frontières compte également des bateaux sur le fleuve Tsiribihina. Ces embarcations assurent le soutien logistique des actions menées chaque mois par l'association française Armada, qui dépêche des équipes médicales dans les villages isolés. Enfin, Marins sans Frontières dispose d'une grosse pirogue à Mananjary, au sud-est de Madagascar, qui travaille notamment avec les médecins locaux au bénéfice des populations résidant au sud du canal de Pangalane.

 

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© MARSF
Le Salama à Madagascar (© : MARSF)

 

Bientôt 30 ans d'action humanitaire à travers le monde 

C'est en 1984 que Marins sans Frontières a été créée. Basée à Brest et comptant une antenne à Paris, cette association spécialisée dans les actions de solidarité internationale a pour marraine la navigatrice Isabelle Autissier. Elle compte une dizaine de membres actifs et plusieurs centaines d'adhérents et sympathisants venant de différents horizons maritimes (marins au commerce, anciens de la Marine nationale, plaisanciers, portuaires, amoureux de la mer...) Sa vocation, comme elle l'explique, est de « porter assistance et secours aux populations isolées par la mer ou par le fleuve, afin d'améliorer leurs conditions de santé et de vie en facilitant les échanges humains, techniques et économiques ». Selon les besoins propres à chaque mission, MARSF « rassemble des professionnels de la mer et de la santé, des logisticiens, des techniciens et formateurs et intervient à la demande des autorités nationales, provinciales ou locales des pays concernés, ainsi qu'à celle des populations mais, dans ce cas, en accord avec les autorités. Grâce à sa logistique de transport maritime et fluvial, collabore avec les autres organisations humanitaires qui interviennent sur les mêmes terrains d'action et leur apporte son appui dans la réalisation de leurs missions ».En dehors de Madagascar, MARSF a également mené des actions au Mozambique (un bateau entre 1987 et 1997), à Haïti (3 bateaux entre 1994 et 1997) et en Thaïlande (aide à la construction de 85 bateaux de pêche en 2005 et 2006). En 2010, MARSF a aussi participé à un projet visant à construire une pirogue pour l'association de médecins ANIMA, qui intervient sur les îles de la basse Casamance, au Sénégal.

 

Marins Sans Frontières au Sénégal (© : MARSF)

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