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Les énergies marines renouvelables, notamment l’éolien offshore et l’hydrolien : c’est le marché très porteur grâce auquel France Télécom Marine souhaite diversifier son activité. Pour cela, le groupe français mise beaucoup sur son nouveau câblier. Commandé à Vard (ex-STX OSV), le futur Pierre de Fermat, qui prendra le nom d’un juriste et mathématicien français du XVIIème siècle, sera livré à l’été 2014 par le chantier de Brattvaag, l’un des sites norvégiens du constructeur européen. Du type CLV 01, conçu par les bureaux d’études de Vard, le nouveau navire sera polyvalent, c'est-à-dire qu’il pourra poser et réparer des câbles de télécommunication, mais aussi des câbles d’énergie.  Le robot sous-marin télé-opéré (ROV) et la charrue embarqués par le Pierre de Fermat  lui permettront de réaliser toutes les étapes de l’installation, depuis l’inspection préalable des fonds jusqu’à l’ensouillage du câble. Ces engins sont conçus, fabriqués et opérés par France Télécom Marine au travers de sa filiale SIMEC.

 

 

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© VARD

Design initial du futur câblier de France Télécom Marine (© : VARD)

 

 

Un navire au design optimisé

 

 

Long de 100.1 mètres pour une largeur de 21.5 mètres et un tirant d’eau maximum de 7.1 mètres, le futur navire présentera un port en lourd de 4000 tonnes. Disposant d’une puissance de traction de 80 tonnes, il pourra charger 2300 tonnes de câble et accueillir 80 personnes à son bord. La propulsion principale sera assurée par quatre moteurs de 2250 kW chacun et une machine de 715 kW. Pour mener ses opérations en toute sécurité, le navire bénéficiera d’un système de positionnement dynamique DP2. « Grâce au design innovant de la coque, de sa motorisation et de sa propulsion, le ratio puissance / consommation de fuel est optimisé. La dimension environnementale a été intégrée dès la phase de conception du navire : design hydrodynamique de la coque, traitement des eaux de ballast pour protéger les écosystèmes marins, peinture antisalissure sans biocides », précise France Télécom Marine, qui va débourser quelques 60 millions d’euros pour cette nouvelle unité, dont les lignes ont évolué depuis sa commande, en octobre 2012. Les images de synthèse illustrant cet article présentent d’ailleurs le design original, l’architecture la plus récente étant celle de la maquette présentée cette semaine au salon Suboptic, où France Télécom Marine a dévoilé son nouveau câblier ainsi que ses ambitions sur les EMR.   

 

 

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© FRANCE TELECOM MARINE

Nouveau design du Pierre de Fermat (© : FRANCE TELECOM MARINE)

 

 

Un marché potentiel considérable

 

 

Dès sa mise en service, le Pierre de Fermat prendra en charge la maintenance des câbles sous-marins dans la zone Atlantique et Europe du Nord. Mais il jouera donc, également, un rôle majeur pour le développement des activités de France Télécom Marine autour des énergies marines renouvelables, un axe de diversification présenté comme « important » dans la stratégie de la société. Il faut dire que le potentiel du marché des EMR semble considérable. Alors que les technologies liées aux hydroliennes, aux éoliennes flottantes et aux énergies houlomotrices sont en développement, l’éolien offshore (posé sur le fond des mers) est en plein boom. Selon l’European Wind Energy Association (EWEA), la puissance des parcs installés en mer devrait atteindre 40 GW en 2020, contre seulement 5 GW aujourd’hui. France Télécoms Marine compte donc se faire une place dans les énergies marines, où le groupe entend apporter son expertise pour participer à l’installation et à la maintenance de réseaux de câbles sous-marins reliant des fermes d’éoliennes ou d’hydroliennes en mer aux réseaux de distribution terrestres. Une première opération de ce type a d’ailleurs été menée à bien l’an dernier.  Ainsi, le René Descartes, l’un des navires de sa flotte, a posé le câble d’énergie du SEM REV, le site d’essais pour les énergies houlomotrice et les éoliennes flottantes implanté au large du Croisic. « Nous avons déjà acquis de premières expériences dans la pose de câbles pour les énergies marines renouvelables pour la création du premier site français d’essais en mer, le SEM REV. Nous anticipons le développement de ces plates-formes en mer grâce à un navire ultramoderne et polyvalent qui nous permettra de diversifier nos activités, en complément de nos missions traditionnelles », explique Raynald Leconte, président de France Télécom Marine.

 

 

Le René Descartes sur le site du SEM REV en 2012 (© : REGION DES PAYS DE LA LOIRE)

 

 

Pour l’heure, le groupe français exploite trois câbliers, les Raymond Croze et Léon Thévenin, construits en 1983 à La Rochelle et au Havre, ainsi que le René Descartes, livré en 2002 par les chantiers sud-coréens Hanjin Heavy Industries de Busan. S’y ajoutent les deux navires de sa filiale italienne, Elettra, reprise en octobre 2010 : le Teliri et le Certamen.

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Câbles sous-marins Vard EMR : éolien offshore posé et flottant