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Le prototype de système houlomoteur à échelle réduite (entre ¼ et ½) conçu par le groupe Legendre et Geps Techno ne devrait plus tarder à être expérimenté sur le site d’essais THeoREM de l’Ifremer, à Sainte-Anne du Portzic, a appris Mer et Marine. L’ensemble, composé d’un jacket surmonté d’un caisson houlomoteur, a été construit par les Ateliers Mécaniques Lorientais (AML), à Keroman, puis transporté sur le site.

C’est TSM (Thomas Services Maritimes) qui a convoyé le système en deux fois jusque dans le Finistère en vue de sa prochaine installation pour une expérimentation d’au moins un an. Tout d’abord, le jacket de 14 mètres de haut a été livré en octobre et positionné devant la digue du site se trouvant sur la commune de Plouzané. Le caisson, qui mesure 6.5 mètres de large, par 5 mètres de haut et 7 mètres de profondeur, pour un poids de 25 tonnes, a lui été acheminé jusqu’à Sainte-Anne du Portzic, il y a deux semaines, par le TSM Penzer qui l’avait chargé sur son pont. Reste maintenant à l’immerger sur son embase. Opération délicate devant se dérouler dans des conditions météorologiques, de houle et de marées particulières.

 

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© INGEMARINE CONSULTING

Le caisson a été transporté sur le pont TSM Penzer jusqu'au goulet de la rade de Brest. (© INGEMARINE CONSULTING)

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© INGEMARINE CONSULTING

Le jacket avait été transporté sur une barge. (© INGEMARINE CONSULTING)

 

Il s’agit d’une configuration particulière propre à ce prototype, qui ne correspondra pas aux futurs systèmes à échelle 1, où le houlomoteur devrait être intégré dans une digue en béton. Il n’y aura donc pas de jacket. Ce dernier sert uniquement de support pour placer le houlomoteur à la bonne cote lors de cet essai. A l’avenir, si les parties mobiles seront métalliques, comme le flap, le reste de l’ouvrage sera en béton « pour des questions de massivité et de durabilité dans l’eau », explique à Mer et Marine Quentin Henry, responsable commercial Génie civil de Legendre Construction.

« Comme c’est un prototype de taille intermédiaire, nous avons décidé de le faire entièrement en métal et non pas en béton comme le serait une digue conventionnelle à échelle 1, notamment pour des questions de levage », précise-t-il. « La construction tout métal (du prototype) est vraiment liée au fait que ce soit un objet expérimental. On teste le système houlomoteur, le fonctionnement hydrodynamique de l’ensemble. Mais on ne teste pas un linéaire de digue. Cela sera l’objet du démonstrateur phase 1 ». Ainsi, « ce qu’on va vraiment tester, c’est les aptitudes du caisson, le fonctionnement du flap, la réponse énergétique ».

Un antifouling a été fourni par Nautix, afin de voir comment la peinture va se comporter, mais aussi le système. Ce sera l’un des points d’attention de l’expérimentation : observer le fouling et son éventuel impact sur les mouvements du flap, voire sur le rendement.

Cette expérimentation intervient après des essais en bassin d’une maquette à échelle 1/15e. Le site d’essai de l’Ifremer, déjà largement caractérisé et avec des conditions de houle amoindries, permet de réaliser sereinement de nouveaux essais à une échelle intermédiaire avant un test grandeur nature qui pourrait se dérouler à Audierne (Finistère). « On ne passe pas tout de suite d’une petite maquette en bassin à un projet très couteux de grande taille », note Quentin Henry.

Pour rappel, le projet Dikwe est né de l’idée que les ouvrages de protection portuaire et littoraux tels que les digues, les jetées ou les brise-lames, reçoivent une énergie colossale lorsque les vagues viennent s’y briser. Avec Geps Techno, spécialisé dans les systèmes houlomoteurs, un dispositif ayant recours à des flaps a été conçu. A chaque fois qu’une vague vient percuter ces volets, il oscille autour de son axe de rotation, situé sur la partie haute de la digue (à l’image d’une chatière). Cette énergie mécanique met sous pression un circuit hydraulique permettant de produire de l’électricité, un mécanisme de conversion usuel dans les énergies marines que l’on appelle Power Take Off (PTO). Legendre Construction a prévu une construction modulaire avec, pour des ouvrages neufs, des caissons en béton armé réalisé dans une forme de radoub ou sur un dock flottant. Ces caissons, équipés, seraient ensuite mis en flottaison, remorqués et immergés sur site, sur la base d’un talus ou d’une fondation sous-marine en enrochements.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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EMR : Hydrolien houlomoteur et autres énergies marines