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« Nous avons une stratégie low cost ». David Adrian martèle son message : l’hydrolienne Hydro-Gen qu’il a développée avec sa petite société familiale, l’Aquaphile, est un système rustique, simple et peu coûteux. Une solution adaptée à un environnement fluvial ou maritime calme, comme les estuaires ou passes côtières.

Des années de développement

Loin des gros projets, comme ceux menés par Naval Group, Alstom, Sabella, ou Hydroquest, ayant connu des fortunes diverses, David Adrian, ancien de l’Ecole navale, a patiemment développé une petite hydrolienne, raconte-t-il à Mer et Marine : « L’aventure a commencé à Landéda, dans le Finistère, modestement, avec des travaux d’étudiants du lycée Kerichen, à Brest. Ils faisaient des CAP de tourneur, ajusteur, chaudronnier et ils ont fait le premier prototype ». C’est alors une machine avec une roue à aube de 3 mètres de diamètre pour 2 mètres de large entraînant un générateur. Elle est posée entre deux flotteurs, sur une sorte de catamaran, et mouillée dans le courant. Les essais ont lieu à l’Aber Wrac’h ou à la Pointe des Espagnols, dans le Finistère.

Petit à petit, le prototype est affiné. « Au fil des ans, un cycle s’est instauré : on fait un prototype, on mène des essais et des mesures, on analyse ces mesures et puis on recommence en modifiant le prototype ou en faisant un autre. Ce cycle s’est déroulé une dizaine ou une douzaine de fois entre 2005 et maintenant ». Ces essais prennent beaucoup de temps, mais sont riches d’enseignements. « On tâtonne beaucoup, on fait des erreurs, on corrige, on apprend le métier. C’est comme ça qu’on arrive à une forme finale qui est notre hydrolienne actuelle ».

Une hélice facilement déployable

La roue à aube, si elle était rustique et simple, a été abandonnée. Le rendement était insuffisant, une hélice immergée la remplace. Mais le concept reste le même : déployer facilement une hydrolienne depuis un flotteur. Ainsi, Hydro-Gen s’affranchit des contraintes des hydroliennes posées qui nécessitent des navires de travaux offshore pour les installer. Pas besoin non plus de travaux sous-marins ou de grues. Une démarche qui offrirait « le kilo watt heure le moins cher » sur le marché de l’hydrolien, affirme l’Aquaphile qui commercialise son système à 100.000 euros et promet un kwh de l’ordre de 10 centimes.

Le système se compose de trois sous-ensembles : une barge motorisée (40 CV) de servitude en aluminium « très simple, sans sophistication, de type barge ostréicole, à pont plat et fond plat », l’hydrolienne proprement dite, constituée d’une turbine entraînée par une hélice (sans tuyère) qui tourne dans l’eau et génère l’électricité exportée par un câble et puis « un système de remontée et de descente qui fait toute la particularité de notre technologie », explique son inventeur. « La turbine peut sortir de l’eau très rapidement avec

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