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Après HydroQuest, place à Minesto. Le site d’essais hydrolien de Paimpol-Bréhat accueillera à la fin du printemps prochain l’étonnant système d'aile sous-marine de l’entreprise suédoise. Il sera installé entre mai et juillet, a appris Mer et Marine auprès du turbinier qui déjà installé son système l’an dernier aux Iles Féroé, à Vestamannasund, entre les îles de Streymoy et Vágar.

 

 

Minesto précise à Mer et Marine qu’il testera le nouveau design « Dragon Class » de sa technologie Deep Green. Pour rappel, Minesto a développé une sorte de cerf-volant sous-marin équipé d’une turbine et d’un générateur. Ce planeur sous-marin est retenu au fond par un câble par lequel transite l’électricité produite. Equipée d’un gouvernail, l’aile se déplace sous l’eau, formant des huit, soulevée par le courant de marée, non sans évoquer les loopings que peut réaliser un cerf-volant. Cette manœuvre permet à l’appareil de se déplacer plus vite (entre 1.2 et 2.4 m/s) que le courant et d’accélérer le mouvement de l’eau sur la turbine. Grâce à la vitesse acquise, il produit nettement plus d’électricité que pour une turbine stationnaire. Ainsi, Minesto veut générer de l’électricité même dans des zones à faible courants de marée.

 

 

En septembre dernier, Minesto a présenté un nouveau design ayant de meilleures performances et des coûts de fabrication réduits. Un travail en CFD (Comptuational fluid dynamics) a permis de faire évoluer le design DG100 testé aux Iles Féroé. Les modèles peuvent mesurer de 4 mètres d’envergure pour le Dragon 4, à 12 mètres d’envergure pour le Dragon 12. Ils produisent entre 50 kW et 1.2 MW. Sur le site de Paimpol-Bréhat, il s’agira d’un modèle de 100 kW.

 

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© MINESTO

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Minesto est accueilli dans le cadre du programme européen TIGER (Tidal Stream Industry Energiser) lancé sur cinq sites en Manche et doté de 46.8 millions d’euros. Ce projet vise à stimuler la croissance dans le domaine des énergies hydroliennes en développant la capacité de sites en Manche. Il s’agit d’aider l’industrie à réduire ses coûts de production pour l’hydrolien en passant de 300 euros le MW/h actuels à 150 euros le MW/h en 2025. L’UE souhaite atteindre les 100€/MWh pour 2030. Pour cela, le projet TIGER cherche à fédérer les initiatives en matière d’hydrolien et à intégrer différents opérateurs industriels au projet, dont les turbiniers. La Région Bretagne avait expliqué que « dans la décennie à venir, Paimpol-Bréhat, site d’essais de premier plan au niveau européen, permettra de tester une grande diversité de technologies qui, à terme, pourront contribuer à l’autonomie énergétique de territoires isolés comme les îles, tout en offrant des solutions réplicables et exportables dans le monde entier ».

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

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