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Guinard Energies a sollicité la Direction Générale de l'Armement (DGA) afin d'optimiser son concept d'hydroliennes de nouvelle génération. Depuis 2007, la société française, dans le cadre du projet Mwatforce, cherche à améliorer le rendement mécanique des turbines, destinées à produire de l'électricité grâce à la force des courants marins. « Il s'agit, en effet, de la condition incontournable de la viabilité économique de la production d'électricité en milieu marin. Car si le courant qui entraîne la turbine est autant inépuisable que gratuit, il ne faut pas oublier que les problèmes de maintenance des installations marines, notamment en ce qui concerne leur accès par mer forte, font exploser les coûts de production. Guinard Energies a ainsi évalué le seuil de rentabilité à 3 ou 4 MWh par an produit par chaque rotor sous tuyère composant ses fermes d'hydroliennes », explique la DGA, dont le centre Techniques hydrodynamiques de Val-de-Reuil, où se trouve le bassin d'essais des carènes, met à disposition ses installations et son expertise pour atteindre cet objectif. (© : DGA) Il s'agit, en jouant sur le design de la tuyère et de son rotor, d'accélérer le passage du fluide de l'eau à l'intérieur de l'hydrolienne. DGA Techniques hydrodynamiques a d'abord été chargée de plancher sur cette problématique. « Le centre de Val-de-Reuil a en effet eu la mission de déterminer une solution présentant le meilleur rendement en terme de courant sur la plage de fonctionnement la plus importante. Par des simulations numériques il a ainsi étudié différents concepts de tuyères et en a fixé les grandes dimensions ». Les équipes de la DGA et de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne ont réuni leurs compétences pour dessiner deux rotors à quatre pales qui ont ensuite été évalués dans le bassin de traction B600 de Val-de-Reuil. Puis, en fonction des résultats obtenus, le design a été retouché pour être optimisé. (© : DGA) Le concept retenu par le projet MWatforce porte des fermes composées de couples d'hydroliennes, qui pourront s'orienter dans le courant marin grâce à un aileron stabilisateur. Celui-ci doit prendre en compte les effets combinés du courant marin se superposant à la houle encore sensible à une profondeur de 15 mètres, niveau où se trouveront les machines. Les tests doivent, ainsi, permettre de dimensionner au mieux l'hydrolienne pour minimiser au maximum les pertes de rendement. Plusieurs systèmes de stabilisation seront testés dans les prochains mois, les résultats étant attendus fin 2012. « Si toutes les voies d'amélioration n'ont à ce jour pas été explorées pour les formes de rotors, il n'en demeure pas moins que les simulations ont d'ores et déjà prédit des rendements suffisamment importants pour garantir une viabilité certaine du nouveau concept d'hydrolienne proposé par le projet Mwatforce », affirme la DGA.

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EMR : Hydrolien houlomoteur et autres énergies marines