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La campagne de pré-tranchage pour les câbles inter-éoliennes du parc éolien de Saint-Brieuc pour l’année 2021 s’est achevée avec « près de cinq semaines d’avance sur le calendrier », s’est félicitée Ailes Marines. L’Aethra, affrété par Prysmian auprès d’Asso, a quitté la zone des travaux le 14 août après avoir réalisé l’ensemble des opérations de pré-tranchage prévues sur la partie nord, en vue d’y ensouiller les câbles dans des tranchées. Il a aussi réalisé des opérations préparatoires pour l’an prochain, séquence à laquelle il participera, avec d’autres navires, pour achever d’installer les câbles inter-éoliennes d’ici la fin 2022, selon le calendrier. Le 24 juin, des pêcheurs avaient encerclé et abordé le navire de 94 mètres de long le contraignant à quitter la zone pour quelques jours.

Si le pré-tranchage a finalement été achevé en avance, l’été n’a pas été de tout repos pour Ailes Marines. Après un premier incident le 14 juin, la filiale française d’Iberdrola a dû à nouveau interrompre les opérations de forage après ce qu’elle a qualifié d’ « épanchement de fluide hydraulique ». Une fuite d’huile survenue sur une foreuse lors d’un « incident technique » le 28 juillet lors d’une série de forages sur la position SB 57. Van Oord, armateur de l’Aeolus, le jack-up qui réalise ces opérations, a interrompu le forage pour remonter la foreuse concernée. « Lors de la remontée de l’outil, il a été observé un épanchement de fluide hydraulique de type ‘PANOLIN HLP SYNTH 46’ sur le pont du navire Aeolus et dans le milieu marin », a expliqué Ailes Marines. Selon la Préfecture Maritime, ce sont « quelques dizaines de litres d’huile hydraulique » qui se sont déversées « majoritairement sur le pont du navire mais aussi en mer ».

Un protocole de sécurité environnemental renforcé a été mis en œuvre : les navires de surveillance Rem Trader et Bon secours 7 ont recherché les traces d’irisation en surface, le Rem Trader a procédé à des prélèvements d’eau de mer, le Rem Trader et le TSM Penzer sont intervenus avec boudins absorbants et barrage flottant, le Cedre a fourni une modélisation de l’incident, des hélicoptères ont survolé la zone en quête de traces d’irisation et la préfecture maritime a dépêché la vedette côtière de surveillance maritime (VCSM) Trieux de la gendarmerie maritime ainsi qu’un avion Falcon 50 de la Marine nationale. Trois jours plus tard, après présentation par Ailes Marines d’un rapport d’analyse à la préfecture maritime, la reprise des travaux a été autorisée. Selon la Préfecture Maritime, « la cause de l’incident a été clairement identifiée et les mesures correctives nécessaires ont été prises ».

Cet incident a été de nature différente de celui survenu le 14 juin. Une centaine de litres d’huile s’étaient alors répandus en mer, nécessitant d’interrompre la campagne de l’Aeolus pendant un mois, ralentissant d’autant les travaux. Le jack-up était rentré aux Pays-Bas pour une revue complète des outils et équipements après une vive polémique, tandis que les protocoles de contrôle et de suivi des travaux avaient été révisés. Cet incident était survenu lors de la deuxième série de forages. Pour rappel, le parc de 496 MW doit compter 62 éoliennes de 8 MW Siemens Gamesa (SG 8.0-167 DD). Chaque éolienne nécessite de forer trois trous dans lesquels sont insérés les pieux où sont coulés du béton pour les sceller, avant de venir installer les fondations de type jacket (treillis métalliques).

Les travaux de forage lancés début mai devront, quoi qu’il arrive, s’interrompre fin octobre en raison des conditions météo sur la zone. La fin des forages et de l’installation des pieux, ainsi que la mise en place des jackets étaient programmés pour la deuxième campagne 2022. Mais actuellement, seules trois positions (soit neuf trous) ont été réalisés « à 99% », selon Ailes Marines, qui indique que l’Aeolus travaille sur une quatrième position (soit les stations 17, 18, 57 et 30). Bien loin encore des 62 emplacements pour les éoliennes, sans compter la sous-station. Ailes Marines explique être toujours « dans la courbe d'apprentissage des différents types de sols et d'outils ». Les fonds très durs dans certaines parties du parc de Saint-Brieuc rendent les opérations de forage très complexes. En particulier dans le nord du parc où les travaux ont commencé afin de permettre la poursuite de la pêche dans la partie sud.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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