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Que faire des pales d’éoliennes lorsqu’elles arrivent en fin de vie ? Actuellement, peu d’options se présentent. Elles sont envoyées en décharge ou dans des usines de valorisation énergétique des déchets pour y être brulées à un coût énergétique important, voire détournées pour d’autres fonctions (mobilier urbain, par exemple). Pourtant, alors que l’industrie est en plein essor, ces déchets devraient représenter 2 millions de tonnes dans le monde d’ici 2050. Un bilan peu reluisant pour une industrie qui se veut plus écologique. En cause, la difficulté à séparer les matériaux moulés avec de la résine pour les réutiliser.

Un consortium mené par le Norvégien Aker Offshore Wind tente de remédier au problème. Réunissant des chercheurs de l'Advanced Composites Group et du Lightweight Manufacturing Centre des Universités britanniques de Strathclyde (Glasgow) et Nottingham, ainsi que l’organisme commercial Composites UK, Suez, le distributeur de composites GRP Solutions et le fabricant de pièces composites Cubis, il travaille sur un projet d’usine de recyclage de pales d’éoliennes au Royaume-Uni. Ce projet pilote visant à trouver une solution commerciale est doté de 2 millions de livres (2.37 millions d’euros) sur trois ans, dont 1.3 million vient d’être alloué par Innovate UK, une agence gouvernementale britannique. En effet, les décideurs britanniques veulent positionner le pays sur ce marché.

Les partenaires promettent de commercialiser « une méthode révolutionnaire » développée par l'Université de Strathclyde qui permet de séparer les composants en fibres de verre et en résine dans les composites. Il serait ainsi possible de récupérer les composants en fibres de verre qui peuvent ensuite être retraités, moulés et réutilisés dans d'autres industries, telles que l'automobile et l'industrie de la construction.

Une méthode qui semble à rebours d’autres projets qui travaillent, pour leur part, à concevoir des pales recyclables dès leur fabrication. Ainsi, Siemens Gamesa a annoncé début septembre avoir produit des pales recyclables dans son usine d’Aalborg, au Danemark, en travaillant notamment sur la structure chimique de la résine utilisée. De même, en France, l’IRT Jules Verne (Nantes) et un consortium industriel (dont Arkema, Canoe, Engie, LM Wind Power, Owens Corning et Suez) planchent aussi sur le développement de pales 100% recyclables, au sein du projet Zebra, pour Zero waste blade research.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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