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Dominique Follut a été nommé, en avril dernier, responsable de la recherche à l'Ecole Nationale Supérieure Maritime. A l'occasion de l'inauguration du nouveau simulateur Marins, installé sur le site havrais de l'ENSM, Mer et Marine fait le point sur cette activité, ses moyens et ses ambitions.

MER ET MARINE : Vous venez d’inaugurer, sur le site du Havre, le nouveau simulateur Marins, un des nouveaux piliers de la recherche à l’ENSM. En quoi consiste ce nouvel équipement ?

DOMINIQUE FOLLUT :Il s’agit d’un simulateur reproduisant deux "passerelles entièrement équipées. Il sera utilisé dans le cadre de recherches autour de deux axes principaux : la cyber-sécurité et le facteur humain. Nous allons par exemple pouvoir simuler une cyber-attaque pour en étudier l’effet sur la conduite du navire et les membres d’équipage. Nous pouvons simuler différentes situations, comme par exemple un décalage de GPS de 2 à 3° ou des informations discordantes quant à la position. Cela permet d’évaluer les effets de l’attaque mais aussi de mettre en place des bonnes pratiques, une fois que celle-ci est en cours. Sur le facteur humain, nous sommes en train de travailler sur plusieurs sujets, avec notamment la fatigue du chef de quart en passerelle. Il s’agit de documenter précisément l’influence de l’état de fatigue sur le quart. Pour cela, nous procédons à des évaluations sur des personnes privées de sommeil avant et après une nuit sur le simulateur.

Marins va aussi permettre de valider et de tester des équipements, comme par exemple Ipanema, sur lequel nous travaillons avec Safran et l’ENSTA, qui est un nouveau système de positionnement pour améliorer de nombreux paramètres de navigation.

Avoir un outil comme celui-ci permet de mener différents types de projets de recherche. Des tests et validations pour les industriels comme nous le disions. Mais aussi des projets purement académiques, comme par exemple, toujours autour de la fatigue, où l’on pourrait utiliser le simulateur pour un module de formation visant à détecter les signaux de baisse de vigilance et à utiliser des parades. Ou encore des modules très pratiques d’éco-gestion du navire, avec des simulations de manœuvres au port pour optimiser la consommation.

Que représente la recherche actuellement à l’ENSM ?

Nous avons un noyau dur d’une vingtaine d’enseignants-chercheurs, rejoints ponctuellement par d’autres, spécialistes de leur domaine. Ils sont sur les quatre sites de l’Ecole, ce qui est un atout puisque cela permet de refléter toute la richesse de l’écosystème maritime national.

Globalement notre recherche est axée autour de deux domaines : le risque maritime ainsi que l’efficience et la transition énergétique. Nous avons six domaines de compétences, autour du facteur humain et de l’ergonomie cognitive, la cyber-sécurité et la data, le pôle physique de la mer et du navire, le droit et les usages, la décarbonation et la transition énergétique et enfin les énergies marines renouvelables sous l’angle des opérations maritimes qui leur sont dédiées.

Le domaine est vaste mais je pense qu’il est important de garder un large spectre, car les enjeux actuels portent sur ces différents sujets. Nous nous sommes associés à une quinzaine d’unités de recherche du CNRS. A ces spécialistes, nous apportons une maritimisation et eux nous apportent des expertises. De ce travail en commun va naître une richesse de sujets.

La recherche prend réellement sa place à l’ENSM. Et la prochaine création du CERISMA (centre expertise et de recherche en science maritime) au sein de l’Ecole va permettre de fédérer les activités de recherche.

Les chaires industrielles sont de plus en plus souvent créées dans le cadre de la recherche. Est-ce que c’est une option que vous envisagez ?

Absolument ! Nous avons déjà signé plusieurs partenariats avec des industriels, comme Opsealog, Zephyr et Borée ou encore Stapem. Ce genre de partenariats est véritablement du gagnant-gagnant. Cela permet d’allier l’enseignement à des interventions et vacations pratiques mais aussi d’offrir des stages à nos étudiants.

Propos recueillis par Caroline Britz © Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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