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Imaginons une équipe de cadres dirigeants parisiens. Costume-cravate dans le TGV, smartphone à la main et tableaux Excel mis à jour en temps réel. Il commence à se faire tard quand le train entre en gare de Lorient. Quand ils ressortent de l’hôtel, la nuit tombe. Exit les mocassins et les escarpins, voici les bottes et les vestes de quart. Direction le quai, où des hommes en noir les font monter sur une embarcation rapide, en route vers la base des sous-marins. Le stage va commencer...

 

 

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Le bâtiment K3 de la base des sous-marins (© PEGASUS)

 

 

« Ca commence toujours comme ça. Tous les stagiaires passent sur l’eau. C’est notre élément et ça permet tout de suite de les mettre dans une configuration d’action sur le terrain ». Jérôme Mandin est un des trois dirigeants de l’entreprise lorientaise Pegasus Leadership. Avec Yves Peigné et Loïc Coupannec, ils ont créé la société en 2007. Dans une autre vie, ils ont tous trois été commandos marine. Des années de marine et de forces spéciales derrière eux, une solide expérience de formation militaire et une conviction : le savoir-faire qu’ils ont acquis sur le terrain peut servir à d’autres.

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Jérôme Mandin (© PEGASUS)

 

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Loïc Coupannec (© PEGASUS)

 

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Yves Peigné (© PEGASUS)

 

 

L’histoire commence en 2005 sur Pen Duick 3. Une navigation au long cours, au moment où Yves et Loïc envisagent leur deuxième vie, celle d’après les commandos. Des longues discussions autour ce qui pourrait être leur nouvel engagement, un nouveau défi à la hauteur du précédent. Un projet qui pourrait être la continuité de leur carrière, tout en s’ouvrant à un nouveau monde. Rapidement, les deux hommes se rendent compte que leur créneau, c’est le travail d’équipe au service d’un objectif. « Mettre l’intelligence individuelle au service de l’intelligence collective ». La base du management commando où l’homme, certes affûté et très entraîné, n’est efficace que dans une logique d’équipe.  Surtout en milieu hostile où il faut savoir maximiser et harmoniser les compétences de chacun. « Cela, nous savons faire. Et on s’est rendu compte que cela pouvait correspondre à une logique d’entreprise. Qu’est-ce que cherche un comité de direction ou un chef de projet ? Des résultats, de la performance. Et pour cela le facteur humain est essentiel ».

 

 

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Deux ans d’incubation, de réflexion et de formation plus tard, Pegasus naît dans le bâtiment K3 de la base des sous-marins de Lorient. « Le choix du nom a été important : Pegasus c’est une référence à la mythologie et à Pégase, mais également à Pegasus Bridge. Et puis notre symbole c’est un hippocampe, comme la partie du cerveau qui correspond à la mémoire vive. » Un symbole de passerelle entre la vie d’avant et le nouveau projet. Mais aussi une illustration de la méthode de Pegasus. Imprimer la mémoire en profondeur grâce à la « vérité du terrain ». Là, où on est obligé de se révéler et de travailler ensemble.

« Un stage se prépare très en amont. Nous allons à la rencontre de l’entreprise et prenons le temps qu’il faut pour comprendre la raison qui l’amène, souvent un problème de management. En fonction de ce que l’on perçoit, on peut être amenés à faire réfléchir sur des thématiques que l’entreprise n’avait pas perçu de prime abord. Ensuite, on déploie la boîte à outils. En fonction de la nécessité identifiée, on va proposer un scénario de stage ».

 

 

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Et là, les dirigeants de Pegasus veulent tout de suite remettre les choses à leur place. « Ce n’est absolument pas un stage commando. Il n’y a rien de dangereux ou de physique. Nous allons travailler sur le terrain, ici à Lorient, avec des groupes que nous allons, durant quelques jours, mettre en face d’un projet qu’ils devront réaliser ensemble. Nous nous appuyons sur des problématiques locales : construire un parc ostréicole à Groix par exemple. Les stagiaires vont devoir se rendre sur le terrain pour évaluer la faisabilité du projet, puis se répartir les rôles et travailler en étroite collaboration pour mettre en place quelque chose de cohérent qui fonctionne. En fonction des problématiques spécifiques, on peut complexifier : par exemple dans le cadre d’une fusion-acquisition avec des nouvelles équipes qui seront amenées à travailler ensemble et donc deux anciens leaders, potentiellement hostiles et en concurrence, on va beaucoup travailler sur leur collaboration ».

 

 

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Pour les encadrer, il y a douze instructeurs, dont neuf ont été commandos. Une fois le projet bouclé, il y a le « retex », le retour d’expérience. On débriefe et on analyse. Les formateurs, qui ont scénarisé le stage,  évaluent la marge de progression de chacun. « Aucun retour de performance individuelle n’est effectué vers la hiérarchie, ce n’est évidemment pas une compétition. Nous essayons surtout de voir si chacun a pu progresser à son niveau et dans sa place dans son équipe. »

 

 

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La vérité du terrain fait son effet. Pegasus a déjà accueilli 2000 stagiaires et 200 entreprises, de la TPE à la multinationale. « Dans la diversité des gens qui viennent nous voir, il y a quand même quelques points communs. Tous ont, évidemment, le souci de la performance économique: être plus rapide, plus réactif, minimiser ses risques, mais aussi créer un avantage concurrentiel en étant différent, en ayant des équipes plus créatives qui sortent des schémas habituels. Et toutes ces entreprises ont mis l’humain au centre du développement de leur stratégie de ressources humaines : elles ont compris que pour bien fonctionner, elles doivent révéler et fidéliser les talents de leurs collaborateurs et consolider la façon de travailler ensemble. Chacun à sa place et pleinement à sa place, avec une confiance en eux et entre eux. Ce n’est pas un effet de mode, c’est un investissement. Ce que nous voulons, c’est quelque chose de crédible et de durable. Pas un bon coup d’adrénaline qui va avoir un effet temporaire. Mais une empreinte et une prise de conscience durable ». La recette commando fonctionne. Pegasus a enregistré une croissance de 40% en 2012.

 

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