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Les pas résonnent dans les hangars brestois de la Base marine Atlantique (BMA) d’Orange Marine, l’une de ses deux bases en France avec La Seyne-sur-Mer. Dans les bureaux, les postes sont vides. Posée sur son soc et ses patins, une immense charrue d’ensouillage attend, immobile. Le laboratoire du pôle d’expertise où sont formés les jointeurs est désert.

C’est que, ce jour-là, le Pierre de Fermat est en opération avec une soixantaine de personnes à bord au large de l’enclave espagnole au Maroc de Ceuta. Une zone de mouillage fréquentée où il n’est pas rare qu’une ancre arrache un câble. Dans ces circonstances, le navire de pose et de maintenance de câbles sous-marins doit alors être en mesure d’appareiller dans les 24 heures pour rallier des zones aussi lointaines que le Ghana et réparer un câble. Il s’appuie alors sur les capacités de son importante base de support, située à la rencontre de la Manche et de l’Atlantique. Une position stratégique à seulement deux jours de 40% des câbles du Nord de l’Atlantique.

 

© ORANGE MARINE

La base d'Orange Marine, dans le port de commerce, à Brest (© ORANGE MARINE)

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Le Pierre de Fermat, navire amiral de la flotte d'Orange Marine, ici à quai (© ORANGE MARINE)

 

Orange Marine fait partie du cercle fermé de la quinzaine d’armements de câbliers dans le monde pour une cinquantaine de navires en activité. C’est aussi l’un des plus importants, en nombre de navires, puisque, en comptant ceux de sa filiale, Elettra, l’armement exploite six câbliers : René Descartes, Leon Thevenin, Raymond Croze, Pierre de Fermat, Teliri et Antonio Meucci. La France est d’ailleurs en pointe dans ce domaine, car Alcatel Submarine Networks dispose aussi d'une flotte de sept navires (les deux derniers ne sont pas encore mis en service) armés par Louis Dreyfus Armateurs (LDA).

Pour intervenir au plus vite, Orange Marine stocke tout le matériel nécessaire à ses interventions sur son site du port de commerce, à Brest. Il s’étend sur une surface de 10.000 m2, dont 5.800 m2 couverts. Soigneusement lovés dans des cuves, plusieurs centaines de kilomètres de câbles de réserve appartenant aux clients sont entreposés dans un dépôt de 2000 m2. Orange Marine y dispose de 30 cuves où s’enroulent différents types de câbles dont les diamètres varient. Par grand fond, où il ne risque pas d’être percuté, un câble sous-marin ne mesure qu’1.5 cm de diamètre. Suffisamment pour y placer seize paires de fibres optiques, le cuivre comme conducteur et une gaine en polyéthylène. A l’approche des côtes, le câble se fait plus épais avec des armures simple ou double pour résister à un éventuel coup de chalut.

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