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Ce devait être un pousseur à Lyon, ce sera un automoteur à Paris. Le projet de bateau à hydrogène de Sogestran et de sa filiale CFT, inscrit dans le programme européen Flagship, a évolué. « Ce revirement s’inscrit dans le contexte de la crise Covid. Sogestran a décidé de recentrer des investissements dans la distribution fluviale urbaine », explique Victor Laravoire, directeur des constructions neuves de CFT, à Mer et Marine. Les confinements successifs et le contexte général ont amené à la fois l’opinion publique et les chargeurs à favoriser de plus en plus la proximité et les transports vertueux. « Transformer notre projet de pousseur hydrogène en bateau de transport, c’est à la fois une belle vitrine et une traduction de notre volonté de répondre à ces nouveaux modes de consommation ».

Comme ce projet s’inscrit dans le consortium Flagships, il a fallu obtenir l’accord de tous les partenaires (l’armement norvégien Norled, ABB, LMG Marin, le danois Ballard Europe qui va fournir les piles à combustible, le français PersEE spécialisé dans la gestion de l'énergie, le finlandais VTT qui apporte son expertise dans l'hydrogène, le cluster norvégien NCE Maritime CleanTech et Westcon), « et tous nous ont soutenu ». « C’est globalement une transition assez facile par rapport au premier projet. Techniquement, il y a beaucoup de similitudes : c’est la même pile à combustible de 400 kW, le même réseau électrique, la même consommation ».

Pour le bateau, CFT s’est appuyé sur le modèle d’automoteur Zulu développé par Blue Line Logistics, une autre filiale de Sogestran, depuis 2014. Quatre péniches de ce type, longues de 55 mètres, sont exploitées avec succès dans les villes d’Anvers et Bruxelles. Une d’entre elles a rejoint Paris en mars 2020. « Malgré la date, qui correspondait au début du confinement, nous avons commencé ce trafic et cela a fonctionné ». La barge transporte tous types de cargaisons, que ce soit du matériel de BTP ou l’approvisionnement des supermarchés, et peut décharger à peu près partout grâce à sa grue.

Fort de ce constat, CFT a donc choisi ce concept pour inaugurer la propulsion hydrogène. Pour cela il fait construire actuellement « dans un chantier européen » une barge de même longueur et un peu plus large que les Zulu (8 mètres au lieu de 6). Elle devrait arriver au Havre au quatrième trimestre 2021 « car c’est là que le système hydrogène sera intégré », avec le concours de salariés du groupe Sogestran et d’entreprises locales. Le soutage en hydrogène sera assuré par un conteneur embarqué qui sera rechargé de temps en temps à proximité de la zone de chalandise de la future barge. L’exploitation devrait démarrer avant la fin de l’année. Les modalités sont actuellement en discussion avec les différentes administrations responsables (DGTIM, VNF, SDIS, DREAL, Ville de Paris…).

Du côté norvégien du projet Flagships, c’est un ferry à hydrogène qui est actuellement en construction en Turquie. Le MF Hilde, qui sera aligné par Norled entre Judaberg et Helgøy, aura une capacité de 110 passagers et sera alimenté par des piles à hydrogènes (3x200 kW).

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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© FLAGSHIPS

Le MF Hilde (© FLAGSHIPS)

 

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