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Quelle était la motivation du groupe armé ? Dans la nuit de dimanche 10 à lundi 11 octobre, l’équipage du vraquier Trudy a été pris d’assaut à Dunlkerque par un groupe d’hommes armés parvenu à pénétrer dans l’enceinte portuaire par voie terrestre. La dizaine d’hommes a ligoté et séquestré l’équipage entre 2h et 5h du matin, alors que quelques marins ont subi des actes de violence. Le capitaine a été forcé de faire une fouille du navire. Les gendarmes en charge de la sûreté portuaire ont été prévenus par l’équipage. Mais le commando avait déjà fuit le quai à pondéreux du terminal Seabulk. Selon La Voix Du Nord, il est possible que les assaillants aient revêtus des équipements professionnels ou des uniformes de policiers.

 

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© PASCAL BREDEL

(© PASCAL BREDEL)

 

Quelque 1.1 tonne de cocaïne, pour une valeur estimée de 60 millions d’euros, avait été découverte à bord du Trudy quelques jours plus tôt. Ce navire de 185 mètres de long de Minship Shipmanagement battant pavillon du Liberia avait été intercepté le 1er octobre par la vedette des douanes Nordet alors qu’il naviguait entre Calais et Dunkerque. Un contrôle organisé par le centre opérationnel douanier maritime à Nantes, en collaboration avec les prefectures maritimes de l’Atlantique et de la Manche-mer du Nord, qui avait mobilisé d’importants moyens. Ainsi, selon la direction générale des douanes : « Les opérations de déroutement et de contrôle ont été rendues possible grâce à l’action coordonnée des services de l’État. Des douaniers marins du patrouilleur garde-côtes de Boulogne-sur-Mer et des renforts douaniers terrestres de la direction régionale de Dunkerque ont complété le dispositif de contrôle à quai. Des aéronefs de la douane et de la marine nationale ont sécurisé le déroutement. Un détachement du peloton de sûreté maritime et portuaire de Dunkerque de la gendarmerie maritime a complété le dispositif de sécurisation pendant les opérations. »

 

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© MARC OTTINI

(© MARC OTTINI)

 

Compte tenu des conditions météorologiques, le navire avait été dérouté sur Dunkerque. Après plusieurs heures de fouilles, 40 sacs pesant 1.1 tonne et contenant de la cocaïne avaient été découverts. Une saisie record depuis 2018. Les 20 membres d’équipages (Russes, Ukrainiens, Philippins et Ethiopiens) avaient alors été placés en garde-à-vue et 19 mis en examen (le 20e sous statut de témoin assisté) pour « importation de stupéfiants en bande organisée », « trafic de stupéfiants », « association de malfaiteurs » et « importation et détention de marchandises dangereuses pour la santé publique ». L’équipage qui a été séquestré n’était évidemment pas le même que celui qui a été mis en examen.

Le navire venait du Brésil (Aratu) et, après une escale en Espagne (Las Palmas), devait décharger une cargaison de craie à Anvers, en Belgique. D’après un récent rapport d'Europol, les saisies de cocaïne dans le port d’Anvers, en Belgique, sont en forte augmentation. Elles ont atteint au moins 65.6 tonnes en 2020, provenant majoritairement du Brésil. Il a supplanté la Colombie comme pays d’origine des conteneurs où est découverte la drogue. Anvers est le principal port de saisies de cocaïne en Europe, devant Rotterdam (33 tonnes) qui connaît aussi une forte augmentation. Le produit est destiné à des groupes opérant hors des Pays-Bas, d’où la cocaïne repart pour d’autres destinations européennes.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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