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L’association France Cyber Maritime a tenu le 27 mai sa première assemblée générale (AG). A cette occasion, l’Etat a confirmé son soutien financier à hauteur de 1 million d’euros pour la mise en place du Maritime - Computer Emergency Response Team (M-CERT ou M-CSIRT, pour Computer security incident response team, l’appellation CERT étant la propriété de l’université Carnegie Mellon et nécessitant une demande d’autorisation pour être utilisée). Il s’agit d’un centre opérationnel composé d’une équipe d’experts en sécurité informatique qui peut intervenir en cas de problème, mais qui mène aussi un travail d’analyse pour organiser la réponse aux menaces cyber.

« Nous allons bénéficier d’une subvention pour démarrer le M-CERT dans le cadre du volet cybersécurité de France Relance », a précisé à Mer et Marine Xavier Rebour, directeur de l’association. Il s’agit du plan de relance du gouvernement de 100 milliards d’euros sur deux ans. « L’Anssi a une enveloppe pour démarrer des CERT régionaux. Certes le M-CERT est un CERT sectoriel, mais comme notre dossier était mûr et intéresse l’Anssi, qui le suit et l’accompagne techniquement depuis plus d’un an, nous avons pu être raccrochés à ce financement. Nous sommes en cours de signature de la convention. On espère que cela va déboucher assez vite. Les feux opérationnels sont au vert, restent les feux administratifs qui doivent aussi passer au vert ». 

Ainsi, le M-CERT devrait être rapidement mis en œuvre avec des recrutements et l’achat de matériels. « Sur trois ans, on va pouvoir recruter cinq personnes d’ici 2023, avec au moins une ou deux personnes d’ici la fin de l’année », indique Xavier Rebour, selon qui le CERT a vocation à croître. Ce seront des experts en cybersécurité avec, si possible, une connaissance du milieu maritime.

Le siège de cette association à vocation nationale est à Brest. France Cyber Maritime loue, pour le moment, des bureaux à l’un de ses adhérents, mais cela pourrait évoluer prochainement. « C’est une des questions que l’on va se poser lorsqu’on aura eu le financement de l’Anssi. Dans tous les cas, ce sera sur Brest ».

France Cyber Maritime doit aussi mettre en place une offre de services et de solutions adaptées au monde maritime et portuaire. Des groupes de travail entre adhérents doivent être mis en place. Il s’agira, en particulier, de mettre autour d’une table opérateurs maritimes et portuaires ayant des besoins spécifiques d’un côté, et de l’autre des opérateurs de cybersécurité pouvant proposer des solutions adaptées.

« Le premier axe que l’on a identifié, c’est la sensibilisation et la formation », indique Xavier Rebour. Un besoin exprimé par des acteurs du maritime auprès de l’association. Car, s’il existe déjà un mastère spécialisé cybersécurité des systèmes maritimes et portuaires lancé par l’IMT Atlantique, l’Ecole nationale supérieure des techniques avancées Bretagne, l’ENSM du Havre et l’Ecole navale de Lanvéoc, « il n’existe pas de formation intermédiaire, de formation courte, de formation continue, alors qu’il y a un véritable besoin, pour les compagnies maritimes qui doivent se mettre aux normes recommandées par l’OMI, c’est-à-dire prendre en compte la cybersécurité dans leur code ISM », remarque Xavier Rebour. France Cyber Maritime s’attèlera donc à la mise en place de formations. Sur le long terme France Cyber Maritime sera aussi appelée à s’intéresser aux navires autonomes, normes et réglementations... « Ce sera à nos adhérents de nous dire quels sont leurs besoins ».

Cette AG a aussi été l’occasion d’élire le conseil d’administration, de voter le règlement intérieur, de définir les cotisations… Il a aussi été fait une présentation du bilan des six premiers mois d’activité.

France Cyber Maritime a été créée le 17 novembre 2020, avec le soutien du Secrétariat général de la Mer (SG Mer) et de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), ainsi que d’une quinzaine d’acteurs publics et privés des secteurs maritimes et de la cybersécurité. L’association compte 34 adhérents. Dans le collège « acteurs publics », on trouve : Anssi, Acyma, Brest métropole et le Shom. Dans le collège utilisateurs, sont adhérents : Armateurs de France, Bolloré Ports et Terminaux, Cluster maritime français, CMA CGM, la Compagnie maritime nantais (MN), Elengy, Genavir, Gican, Les Abeilles International, Nexeya, Pôle Mer Bretagne Atlantique, Pôle Mer Méditerranée, Seaowl marine, Société portuaire Brest Bretagne et Technopôle Brest-Iroise. Dans le collège « solutions » : Bessé, Diateam, Défense conseil international, Ecole navale, ENSM, Ensta Bretagne, HarfangLab, IMT Atlantique, IoT.bzh, Pôle d’excellence cyber, Sekoia, Synacktiv, Thales, Thalos et Yes We Hack.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

     

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