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Comme rapporté par Mer et Marine il y a quelques mois, des officiers de Genavir ont saisi la direction de l’armement pour harcèlement moral et sexuel du fait d’un commandant de la compagnie. A la suite de cette plainte, une enquête avait été diligentée dans l’entreprise et une procédure disciplinaire engagée contre la personne en question, se soldant par une mise à pied de 8 jours.

Dans un tract diffusé en avril par la CGT à destination de l’ensemble des marins de l’armement, le syndicat a communiqué sur la suite de cette affaire, qui a ému largement dans l’entreprise et plus largement dans le milieu de la marine marchande. Et pour laquelle l’inspection du travail a été saisie en fin d’année dernière.

Le syndicat revient notamment sur le déclenchement du droit d’alerte du CSE en octobre dernier pour discrimination. En effet, une des mesures prises par la direction de Genavir suite à cette procédure a été de « limiter l’embarquement de tout personnel féminin » avec le commandant incriminé, et plus spécifiquement que les victimes n’embarqueraient plus avec lui. L’inspection du travail, dans un courrier cité par le tract syndical, a confirmé que des faits de discrimination étaient constatés (prise en compte du sexe d’un salarié pour des affectations ou de sa qualité de témoin et victime de harcèlement moral et sexuel). Elle dit également « qu’il est impossible pour les victimes de reprendre leur travail la tête haute et cette situation est directement imputable à la direction de Genavir ». La CGT signale que mi-avril « ce courrier n'a toujours pas reçu de réponse ».

Interrogé par Mer et Marine sur cette situation et le tract syndical, la direction de Genavir rappelle la mise en œuvre des procédures disciplinaires « ainsi que des mesures appropriées » dans les affaires de harcèlement sexuel et moral « prises très au sérieux » par elle. Elle ne donne pas sa position sur le droit d’alerte du CSE ou la lettre de l’inspection du travail mais rapporte qu’elle a « comme ligne de conduite de faire en sorte de préserver la sécurité des salariés à bord, de faire le nécessaire pour que les victimes puissent reprendre leur activité en toute sécurité et de nous assurer qu'elles ne soient en aucun cas pénalisées tant dans leurs affectations que dans leurs perspectives de carrière ». Elle rappelle également le renforcement du « disposition de prévention » via la constitution d’ « un groupe de travail composé de membres de la direction et de représentants des personnels chargé de réfléchir à une proposition de plan d’action en matière de prévention des risques de harcèlement »

A ce jour, plusieurs des victimes n’ont pas repris le travail au sein de Genavir.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

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