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Compagnies maritimes ou d’assurance, gestionnaires, Etats du pavillon ou encore associations d’armateurs… En tout, ce sont 120 acteurs du transport maritime qui ont signé la « Déclaration du golfe de Guinée sur la suppression de la piraterie », dans laquelle ils demandent « qu'aucun marin ne soit confronté aux graves risques d'enlèvement et de violence lors du transport de marchandises, d’activités de soutien au secteur offshore ou de pêche dans le golfe de Guinée ».

En préambule de cette déclaration, rédigée par un groupe d'armateurs réunis par le BIMCO (Baltic International Maritime Council, l'une des plus grandes associations d'armateurs), les signataires estiment que ces « attaques peuvent être évitées dans une zone relativement petite (moins d'un cinquième de la superficie de la zone touchée par la piraterie somalienne en 2010). Une force navale avec très peu d'actifs et assurant une application efficace de la loi pourrait dissuader et réprimer la piraterie dans le golfe de Guinée ». Dans un communiqué, le BIMCO pousse plus loin, jugeant que « deux frégates avec des hélicoptères et un avion de patrouille maritime » combattant activement la piraterie dans la zone en viendraient rapidement à bout.

Dans la déclaration, les signataires pensent « fermement » que d’ici 2023 les attaques peuvent être réduites d’au moins 80%. Pour cela, ils appellent à mettre en place une série de 10 mesures. Parmi celles-ci, ils demandent de « soutenir de manière tangible l'application des lois antipiraterie (…) par des forces navales non régionales en fournissant une capacité d'intervention en cas d'incident capable de compléter les opérations de répression antipiraterie des États côtiers régionaux », d’ « encourager les marines non régionales à travailler activement ensemble » ainsi qu’avec celles des pays de la sous-région, de « faciliter la mise en œuvre de mesures de défense efficaces à bord des navires » ou encore d’« oeuvrer à l'amélioration de la transparence entre les forces de l'ordre, les forces militaires et les services de protection ».

Au lendemain de cette déclaration, et après une session du Comité de sécurité maritime (MSC) qui s’est tenue du 5 au 14 mai dernier, l’Organisation maritime internationale a appelé à une « collaboration et une action accrues » pour lutter contre ce problème. Dans une résolution, elle demande aux Etats membres, autorités nationales, Nations Unies et autres organisations de « renforcer les forces de l'ordre pour arrêter et poursuivre les pirates dans les juridictions pertinentes », mais aussi aux États côtiers d’ « harmoniser les sanctions pénales ». Elle appelle également à une meilleure gouvernance des solutions de protection disponibles, telles que les navires d’escorte.

En janvier, Maersk avait déjà appelé à une réaction, estimant que « le risque a atteint un niveau où une capacité militaire efficace doit être déployée ». Une déclaration coïncidant avec des prises de position publiques du Danemark, en particulier de sa ministre de la Défense, Trine Bramsen, qui comparait la situation actuelle du golfe de Guinée avec celle qui prévalait dans le golfe d’Aden à la fin des années 2000, avant que l’Union européenne ne mette en œuvre l’opération Atalante devant la corne d'Afrique.

En 2020, le Mica Center, centre d’expertise français dédié à la sûreté maritime, a recensé 114 événements liés à la piraterie et au brigandage maritimes dans golfe de Guinée. En tout, 142 marins y ont été enlevés en 2020 (146 en 2019) et ils ont été retenus en moyenne pendant un mois. La France, dans le cadre de la mission Corymbe mise en place en 1990, assure presque en permanence une présence de bâtiments de surface de la Marine nationale dans le golfe de Guinée. D'autres nations européennes déploient aussi régulièrement des bâtiments dans la zone, comme l'Espagne et l'Italie. 

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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