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Le ministère des Affaires étrangères danois a annoncé mardi que le pays allait envoyer une frégate dans le golfe de Guinée pour contribuer à l’effort de lutte contre la piraterie. Le bâtiment sous commandement danois dans les eaux internationales doit être déployé pendant cinq mois, de novembre 2021 à mars 2022. A cette période, après la saison des pluies, la mer est plus calme et les attaques de pirates plus fréquentes.

La frégate disposera d’un hélicoptère Seahawk et pourra déployer des forces spéciales. Elle sera en mesure de mener des opérations d’intervention sur des navires détournés. Le nom du bâtiment de la marine royale danoise qui sera déployé n'a pas été dévoilé, mais on peut penser il s’agira certainement d’une frégate de classe Absalon ou Iver Huitfeldt. Elle aura pour mission de combattre la piraterie et de soutenir et escorter les navires marchands dans la zone. Le Danemark indique qu’il « tentera » de coordonner son action avec ses alliés et partenaires dans la région.

D'autres bâtiments

Le Danemark n’est évidemment pas seul à déployer des bâtiments sur zone. La France, dans le cadre de la mission Corymbe mise en place en 1990, assure presque en permanence une présence de bâtiments de surface de la Marine nationale dans le golfe de Guinée. Actuellement, c’est le porte-hélicoptère amphibie Dixmude qui se trouve dans la zone, indique à Mer et Marine, le commandement de la zone maritime Atlantique. La France dispose aussi d’un avion de surveillance maritime Falcon 50 basé à Dakar qui peut réaliser des patrouilles opérationnelles au profit des Etats riverains.

Sans compter, au sein du Mica Center, à Brest, la cellule MDAT-GoG (Maritime Domain Awareness for Trade – Gulf of Guinea) conjointe avec la Royal Navy, qui travaille exclusivement sur le golfe de Guinée. Elle relaye des conseils de sécurité pour les navires civils naviguant dans la zone, assure une veille sur la situation sécuritaire et diffuse des alertes, en cas d’attaque ou de suspicion d’attaque, pour les navires et les différents centres opérationnels en mesure d’intervenir. Enfin, le centre de commandement des opérations maritimes (Ceclant) qui contrôle les navires et aéronefs présents sur zone et collecte des « signaux faibles » sur les risques de piraterie, travaille en lien étroit avec le Mica Center.

Par ailleurs, le Conseil européen a approuvé, fin janvier, le projet pilote du concept de présences maritimes coordonnées (CMP). Il fait du Golfe de Guinée une zone d’intérêt maritime et entérine la création d'une cellule de partage d’information à l’échelle de l’UE. L’objectif est notamment d’échanger des informations à l’échelle européenne, d’organiser conjointement les déploiements des différentes unités dans la zone pour une plus grande efficacité et de mieux coopérer avec les marines riveraines, dans le cadre de l’architecture de Yaoundé. Sont notamment impliqués la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal ou encore le Danemark. On constate d'ailleurs, pour ce dernier, un regain d’intérêt pour les opérations lointaines ces dernières années. En 2019, le Niels Juel, frégate lance-missiles danoise de classe Iver Huitfeldt, avaient complété l’escorte du porte-avions Charles de Gaulle. En 2020, la frégate danoise Iver Huitfeldt avait rejoint l’opération Agenor, dans le Golfe et le détroit d’Ormuz.

Déclarations danoises

En 2020, au moins 142 marins ont été enlevés dans la zone, selon le Mica Center, à Brest. Selon Copenhague, 30 à 40 navires danois croisent quotidiennement dans le golfe de Guinée. Maersk a récemment appelé à une réaction, estimant que « le risque a atteint un niveau où une capacité militaire efficace doit être déployée ». Une déclaration coïncidant avec des prises de position publiques du Danemark, en particulier de sa ministre de la Défense, Trine Bramsen, qui comparait la situation actuelle du golfe de Guinée avec celle qui prévalait dans le golfe d’Aden à la fin des années 2000, avant que l’Union européenne ne mette en œuvre l’opération Atalante devant la corne d'Afrique.

Un parallèle à prendre avec précaution selon certains observateurs qui ne manquent pas de souligner que la situation était différente. La Somalie était un Etat failli, là où les pays du golfe de Guinée sont des Etats souverains. De plus, les navires transitaient le long de couloirs avec, comme goulot d’étranglement, le détroit de Bab el-Mandeb, là où les navires marchands s’éparpillent dans le golfe de Guinée sur des très nombreuses routes, rendant très difficile, sinon impossibles, la mise en place de convois.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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