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Comment trouver des solutions viables à la fois technologiquement et financièrement pour la décarbonation des navires? Comment développer des solutions qui puissent permettre aux acteurs du maritime d'avoir une visibilité pour répondre aux objectifs de l'horizon 2050, quand les investissements doivent être décidés dans les trois années à venir? Ce sont à ces questions que la coalition T2EM (transition  éco-énergétique du maritime), regroupant les acteurs du secteur maritime français sous l'égide du Cluster Maritime Français, veut donner différents éléments concrets de réponses qui nécessitent de repenser entièrement la conception, le cycle de vie des navires mais aussi leur modèle socio-économique, fiscal, règlementaire, ainsi que l'aspect portuaire. Il s'agit de pouvoir créer toute une filière française de transport, stockage, distribution et usage des énergies décarbonées, le tout dans un modèle stable et compétitif.

La coalition T2EM entend rattraper le temps perdu par la France face à d'autres pays ayant déjà leur propre stratégie en la matière et pouvant ainsi influencer fortement les travaux règlementaires et conventionnels au niveau européen et international. Elle annonce donc un programme « Navire & Port 0 émission », qui doit permettre la mise en place d'objectifs de décarbonation concrets et opérationnels dans toutes les opérations nautiques et portuaires, mais aussi la mise en place de ponts technologiques entre le maritime et d'autres filières bénéficiant déjà d'avancées, le tout dans des programmes structurés. 

Pour atteindre une vision industrielle intégrée en matière de zéro-émission, la coalition a identifié quatre axes : la définition des trajectoires de décarbonation, celle des modèles énergétiques intégrés du navire, celle des modèles d'opérations et celle des modèles écologiques. Pour celà, elle va avoir besoin d'être accompagnés par des plateformes numériques pour pouvoir piloter ce programme et opérer ces modèles grâce à des outils de scénarisation et de simulations d’impacts, jusqu’aux jumeaux numériques. Mais aussi de modèles économiques pour accompagner l’émergence, les tests et la maturation industrielle des solutions, tant pour les navires que pour les ports et les équipements. Et enfin de mécanismes incitatifs dans une dynamique européenne et internationale.

Enfin, pour centraliser tous ses efforts, le coalition souhaiterait la création d'un institut de R&D dédié, qui pourrait être incubé dans l'IRT Jules Verne, près de Nantes. Ce partenariat public-privé pourrait permettre de voir réaliser des études, mutualiser les programmes de R&D et ainsi en faciliter le financement et animer le réseau d'innovation français.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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