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Pays d’élevage, la Nouvelle-Zélande a décidé de tourner le dos à l’exportation par voie maritime de bétail vivant. La mesure devrait prendre effet après une « période de transition pouvant aller jusqu’à 2 ans », a annoncé le ministre de l’Agriculture, Damien O’Connor. « Au cœur de notre décision se trouve le maintien de la réputation de la Nouvelle-Zélande en matière de normes élevées de bien-être animal. Nous devons garder une longueur d'avance dans un monde où le bien-être animal est de plus en plus surveillé », a expliqué le ministre. Si des améliorations ont été apportées les années passées, « les temps de trajet vers nos marchés de l’hémisphère nord poseront toujours des problèmes de bien-être animal », estime le ministère.

Déjà, contrairement à l'Australie, la Nouvelle-Zélande n'exportait plus d'animaux vivants pour l'abattage, mais uniquement pour la reproduction. De plus, depuis 2003, les exportations d’ovins vivants par bateau ont pratiquement disparues (un seul voyage en 13 ans) après que 57.000 moutons australiens à bord du Cormo Express aient été rejetés en Arabie saoudite en raison d'une maladie. Des centaines de moutons étaient morts dans le navire qui avait erré pendant deux mois avant que les animaux survivants soient donnés à l'Erythrée et tués dans des abattoirs de fortune.

Les exportations d’animaux vivants représentent 0.2% des recettes d’exportation du secteur primaire de la Nouvelle-Zélande. En moyenne, depuis 2015, 60.000 bovins étaient exportés pour l'élevage de cette manière, mais ce chiffre s’était élevé à 113.000 en 2020. Le ministre s’est dit conscient que cette décision « affectera certains agriculteurs, exportateurs et importateurs et une période de transition permettra au secteur de s'adapter ». Il a reconnu « les avantages économiques que certains agriculteurs tirent du commerce », tout en notant « que son soutien n'est pas universel dans le secteur ».

En septembre 2020, le Gulf Livestock 1, un ancien porte-conteneur de 134 mètres converti en navire bétailler, faisant route entre la Nouvelle-Zélande (Napier) et la Chine (Tangshan) avait émis un signal de détresse après une panne de propulsion alors qu’il était pris dans le typhon Maysak. Sur les 43 membres d’équipage, seuls deux survivants avaient été secourus au sud-ouest du Japon. Le navire transportait 5867 bovins. Les exportations avaient alors été temporairement suspendues. Le naufrage du Queen Hind en mer Noire, avec 14.600 moutons à bord, ou plus récemment l’errance des Karim Allah et Elbeik en Méditerranée, avec des centaines de taurillons à bord, ont soulevé l’indignation d’associations défendant le bien-être animal.

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