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Les incidents de piraterie sont au plus bas, cette année, selon le Bureau maritime international (International maritime bureau, IMB) de la Chambre internationale de commerce (International Chamber of Commerce, ICC). Dans son rapport trimestriel, cette division de l’organisation internationale relève que le nombre d’incidents de « piraterie et de vols à main armée » depuis janvier n’a jamais été aussi faible depuis 1994.

Le rapport ne dénombre que 97 incidents entre le 1er janvier et le 30 septembre 2021. Soit 85 navires abordés, neuf tentatives d’attaques, deux navires qui ont essuyé des tirs et un navire détourné (au Gabon). Néanmoins 51 membres d’équipage ont été enlevés, huit pris en otage, cinq menacés, trois blessés, deux attaqués et un a été tué. La majorité des événements a eu lieu dans le détroit de Singapour (20, un record depuis 1991), suivi du Pérou (15, en particulier au mouillage de Callao), avant des pays du golfe de Guinée, comme Sao Tomé et Principe (5) ou le Ghana (5). D’ailleurs, il y a eu 37 événements dans le sud-est asiatique, contre 28 dans le golfe de Guinée, qui constitue habituellement le point chaud de la piraterie. A titre de comparaison, l’année dernière, sur la même période, l’IMB relevait 46 incidents dans le golfe de Guinée. Surtout, il n’y a eu que 4 événements au Nigeria, l’épicentre de la piraterie dans la zone, contre 17 en 2020 et 41 en 2018. De même, le nombre d’enlèvements au Nigeria a chuté de 31 à 1.

L’IMB y voit le signe du renforcement des mesures de sécurité maritime et de coordination. Tout d’abord, soucieux de la dégradation sécuritaire, de l’extension de la menace à tout le golfe de Guinée et des conséquences économiques qui en découlent, le Nigeria a lancé en juin le projet Deep Blue. Piloté par la Nigerian maritime administration & safety agency (Nimasa), il rassemble plusieurs corps de l’armée et de la police. Il est doté de moyens humains et matériels, notamment une unité de 600 hommes, deux bâtiments de surveillance polyvalents de 55 mètres, deux avions de surveillance Cessna Citation CJ3, trois hélicoptères AW109 d’AugustaWestland, quatre drones du groupe portugais Tekever, ainsi que 16 véhicules blindés et 17 bateaux d’interception. Ce projet a reçu le soutien de marines étrangères. De plus, sous la pression d’armateurs, plusieurs pays ont annoncé leur intention de s’impliquer davantage dans la lutte contre la piraterie, comme le Danemark qui avait annoncé envoyer une frégate cet automne, ou le Royaume-Uni qui vient de déployer un bâtiment (le patrouilleur HMS Trent) dans la région pour la première fois depuis trois ans. Certains observateurs soulignent aussi que la saison des pluies a été particulièrement intense dans la région. Une météo dégradée qui a pu perturber les actions des pirates en haute mer. L’IMB rappelle d’ailleurs que le risque reste « élevé » dans la zone.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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