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Le nouveau plan stratégique de la SNCM a été présenté hier, à Paris, lors du Conseil de surveillance de la compagnie française. Sans surprise, l’armement, qui emploie 1400 personnes (équivalent temps plein)  va devoir en passer par un plan de restructuration qui devrait, au final, comprendre 515 suppressions de postes. 415 départs sont prévus en 2014 et 100 autres entre 2017 et 2019. « Il n'y aura aucun départ contraint et la réduction des effectifs se fera via un plan de départs volontaires (sédentaires), le non remplacement de certains départs à la retraite et surtout un moindre recours aux emplois saisonniers pour les navigants », précise la SNCM.

 

 

Le renouvellement de la flotte pour le moment limité

 

 

La réduction d’effectifs, déjà prévue, a été accélérée à la demande des actionnaires, à commencer par Veolia Transdev (société commune du groupe Veolia et de la Caisse des Dépôts et Consignations, détenant 66% de la SNCM, l’Etat ayant 25% des parts et les salariés 9%), afin « d'obtenir plus rapidement les gains de productivité nécessaires à la pérennité de l'entreprise ». L’acquisition de navires neufs a, en contrepartie, été validée par le Conseil de surveillance. Mais le projet est, pour l’instant, significativement revu à la baisse (même s’il pourra être complété si la situation s’améliore). Pour l’heure, seule la commande de deux navires est confirmée et doit intervenir très prochainement. Deux autres bateaux feront partie d’une option à confirmer en 2016. La compagnie et ses actionnaires devront néanmoins trouver une solution pour financer cet achat sans plomber les comptes de la compagnie, dans le rouge depuis plusieurs années. La SNCM a déjà consulté plusieurs chantiers pour réaliser ses nouveaux navires, qui pourraient être dotés d'une propulsion au gaz naturel liquéfié (GNL). Les trois constructeurs en lice pour ce projet sont STX France à Saint-Nazaire, l'Allemand Meyer Werft et le Sud-coréen Daewoo Shipbuilding and Marine Engineering (DSME). 

 

 

Le Corse  (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

 

La flotte maintenue à 8 navires

 

 

Le format de la flotte est, quant à lui, maintenu à 8 navires, « pour un périmètre d'exploitation équivalent au déploiement actuel », précise la compagnie. Selon celle-ci : « Le Conseil de surveillance vient ainsi de donner une feuille de route claire qui permet à la SNCM de disposer d'un atout majeur dans la dernière phase des négociations de la DSP de desserte de la Corse, de continuer à gagner des parts de marché et de redevenir rentable dans le cadre de sa volonté de demeurer un armateur de référence en Méditerranée sous pavillon français 1er registre ». Il conviendra de voir comment la SNCM va réorganiser sa flotte, et notamment ce qu’il en sera de la vente éventuelle des ferries Napoléon Bonaparte et Danielle Casanova, qui ne sont plus adaptés au marché. Par ailleurs, il n'est pas impossible qu'en attendant la livraison des nouveaux navires, en 2016, les doyens de la compagnie, le Corse (1983) et le Méditerranée (1989), soient remplacés comme l’Ile de Beauté (1979) par des navires affrétés.

 

 

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© SNCM

Le Napoléon Bonaparte  (© : SNCM)

 

 

Bataille de la DSP et remboursement d’aides publiques

 

 

La SNCM n’est, pour autant, pas sortie d’affaire. Elle doit d’abord revoir sa copie dans le cadre de l’appel d’offres sur la nouvelle délégation de service public (DSP) entre Marseille et les ports corses. Le dossier commun présenté avec la Compagnie Méridionale de Navigation, dépassait en effet le montant maximum fixé par l’Office des Transports Corses (107 millions d’euros contre 104) pour subventionner ces lignes. Mais il ne faut pas oublier Corsica Ferries, qui a également postulé à l’appel d’offres et fait des propositions sur une partie des cinq lignes concernées par la DSP (contrairement au tandem SNCM/CMN, Corsica Ferries ne dispose par d’une flotte suffisamment importante pour répondre à l’ensemble du marché). Même si les enjeux politiques et sociaux influent bien évidemment en faveur des délégataires historiques, l'Assemblée de Corse et derrière elle l'OTC devront, dans ce cas, justifier leur choix. Et cela s’annonce légalement très compliqué, l’argument de l’indivisibilité de la DSP (le marché et ses lignes attribués d’un bloc) ayant par exemple déjà été battu en brèche par la justice en 2007.

La SNCM doit, par ailleurs, compter avec le différend qui l’oppose à la Commission européenne. Cette dernière lui réclame de rembourser 220 millions d’euros d’aides publiques à l’OTC, estimant que la subvention du service complémentaire (capacité accrue pendant les vacances scolaires), contrairement à celle du service de base, constitue une distorsion de concurrence. La compagnie et l’Etat ont fait appel de cette décision, ce qui donne à la SNCM un répit de 6 à 18 mois environ.  

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