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C’est un projet pharaonique et controversé. Deux mois après la consultation publique, le chantier du canal d’Istanbul, estimé à 15 milliards de dollars, a été lancé, samedi 26 juin, par le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui y voit « une nouvelle page dans l’histoire du développement de la Turquie ». Selon lui, il faudra six ans pour réaliser les travaux.

Ceux-ci commencent par la construction du pont de Sazlidere, à l’ouest d’Istanbul, qui surplombera le futur canal. Il mesurera 1618 mètres de long, et ses piles s’élèveront jusqu’à 196 mètres de haut. En tout, six ponts doivent ainsi être construits.

D'une longueur de 45 km, pour une largeur de 275 mètres et une profondeur de 20.75 mètres, ce nouveau canal annoncé depuis 2011 viserait à délester une partie du trafic du détroit du Bosphore qui relie la mer Noire à la mer de Marmara. Le canal démarrerait au niveau du lac de Küçükçekmece, sur la rive européenne d'Istanbul, à l'ouest du détroit, près de la mer de Marmara, et déboucherait dans la mer Noire au niveau de Durusu. Ce projet devrait donc insulariser la péninsule historique de l'ancienne Constantinople.

De nombreuses voix dénoncent la démesure de ce projet, sans compter son impact écologique. Début avril, dix amiraux turcs à la retraite ont été arrêtés pour avoir critiqué dans une lettre le projet du président Erdogan. Dans ce texte, 103 officiers en retraite redoutaient que le projet remette en cause la Convention de Montreux qui permet le libre passage dans le détroit du Bosphore et des Dardanelles, considéré comme international, le nouveau canal étant un passage artificiel qui lui échapperait et qui pourrait être payant.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

 

 

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