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La journée d'hier a été riche en émotions pour l'équipe de sauvetage à pied d'oeuvre autour du porte-conteneurs Ever Given, qui s'est échoué le 24 mars, et pour l'autorité du canal de Suez. Après que les dragues et les pelleteuses aient travaillé tout le week-end à dégager 30.000 mètres cubes de sable pour creuser une souille autour de l'avant du navire, encastré dans la rive du canal, treize remorqueurs (onze portuaires et deux océaniques très puissants)  se sont rassemblés autour du porte-conteneurs. L'équipe de sauveteurs, avec des spécialistes de Smit et de Nippon Salvage, comptait sur le flot de la marée d'équinoxe pour pouvoir participer au soulagement du navire. Et leurs calculs ont fonctionné puisque le navire, aidé par les remorqueurs, s'est remis à flotter tôt dans la matinée. Il a même pu rédémarrer ses moteurs et accompagner la manoeuvre de remise dans l'axe. Mais à la renverse de marée, et aussi en raison du vent qui s'était levé, le porte-conteneurs a commencé à repartir dans le mauvais sens. En milieu de journée, il avait repris le même angle que lors de son incident. Les remorqueurs se sont repositionnés et la coordination de leurs efforts a permis finalement, en milieu d'après-midi,  de remettre l'Ever Given dans l'axe. Il a alors pu mettre le cap, à très faible allure, sur les lacs Amers. Il devrait être rapidement inspecté à son arrivée à quai. 

Les experts ont encore du mal à évaluer l'impact de cet incident qui a paralysé une des voies maritimes principales entre l'Europe, le Moyen-Orient et l'Asie. Près de 450 navires étaient hier en attente de part et d'autre du canal. Les convois devaient rédémarrer rapidement mais on s'attend déjà à des très grosses congestions portuaires, alors que ces derniers étaient déjà en surcharge d'activité ces derniers temps. Une partie des navires qui devaient franchir le canal de Suez ont déjà mis le cap sur Bonne-Espérance, dont notamment des porte-conteneurs de HMM, CMA CGM ou encore Maersk. Des rationnements de carburant ont déjà été annoncés par la Syrie et de nombreuses usines européennes devraient subir d'importants retards dans la livraison de pièces. Le cours du pétrole qui avait nerveusement réagi à la hausse lors de l'incident est reparti à la baisse dès l'annonce de la remise en route de l'Ever Given.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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