Aller au contenu principal

Parti du Havre le 26 avril 2012 pour être démantelé à Gand, en Belgique, l’ancien méthanier de GDF Suez est progressivement dépollué et déconstruit, les matériaux pouvant être valorisés étant quant à eux recyclés. Récemment, les cuves 3, 4 et 5 ont été notamment découpées, alors que les différents équipements du compartiment machine, comme les  chaudières et groupes turbo-réducteurs, ont été enlevés. Désormais dépourvu de son château et de son pont supérieur, l’ex-Tellier, toujours à flot, sera extrait sur une rampe à la fin de l’été, permettant l’achèvement des travaux à terre. Le démantèlement, réalisé par la société Van Heyghen Recycling, filiale du groupe franco-belge Galloo, est aujourd’hui achevé aux deux tiers, près de 7400 tonnes de matières ayant été traités, soit 60% du tonnage du navire. Ainsi, 318 tonnes d’huiles, 124 tonnes de produits chimiques, 111 tonnes d’amiante et 136 tonnes de déchets banaux ont été extraits pour être ensuite traités par des sociétés spécialisées.  Quant au recyclage, il a jusqu’ici concerné 5065 tonnes de ferraille, 299 tonnes  d’inox, 121 tonnes de cuivre et 3.7 tonnes d’aluminium.

 

Concernant le planning, l’ancien méthanier devrait être totalement démantelé d’ici la fin du mois d’octobre, les travaux ayant pris un peu de retard en raison de la charge de travail du chantier, qui a augmenté ces derniers mois. VHR a, notamment, remporté l’appel d’offres pour la déconstruction de l’ex-escorteur d’escadre Bouvet, de la marine française, qui a quitté Lorient en septembre dernier afin d’être remorqué à Gand.  

 

 

77486 tellier
© GDF SUEZ

La coque du Tellier fin juin à Gand (© : GDF SUEZ) 

 

 

Chez GDF Suez, on rappelle que dans le cadre de la fin de vie du Tellier, tout a été fait pour que le navire soit déconstruit en Europe, suivant la règlementation en vigueur, avec une attention très poussée sur les aspects environnementaux, la sécurité des personnels travaillant sur le navire et la traçabilité des matériaux. Une initiative plutôt rare, d’ailleurs, chez les armateurs européens, qui ont plutôt tendance, en jouant notamment sur le pavillonnement de leurs vieux navires, à les céder à d’obscures sociétés « exotiques », qui finissent la plupart du temps par vendre les coques dans des pays où les contraintes environnementales et sociales sont bien moins sévères.

 

Commandé par les Messageries Maritimes et Messigaz, le Tellier a vu sa construction débuter le 10 février 1972 au chantier de La Ciotat. Arrivé pour des tests dans le port de Skikda, en Algérie, le 7 février 1974, il effectua son premier chargement de gaz naturel liquéfié à Arzew 10 jours plus tard, le GNL étant débarqué au terminal de Fos-Tonkin le 20 février. Si le navire a fréquenté quelque peu Le Havre, qui disposait d'un terminal méthanier dans les années 80, il a passé l'essentiel de sa carrière entre Fos et les ports algériens. En près de 40 ans, le navire a réalisé 1956 voyages et effectué 7824 manoeuvres portuaires, le tout pour transporter 74 millions de m3 de GNL et parcourir 1.57 millions de milles. Long de 196.8 mètres pour une largeur de 29.2 mètres et un tirant d'eau de 8.1 mètres, le Tellier pouvait transporter dans ses cuves 40.090 m3 de GNL. Doté d'une turbine Stal-Laval d'une puissance de 12.500 kW, ce méthanier, capable d'atteindre la vitesse de 16.5 noeuds, était le dernier « turbinard » de la marine marchande française. Exploité jusqu'en 2011 par Gasocean, filiale de GDF Suez, le Tellier avait rejoint Le Havre le 6 juillet dernier afin d'y être désarmé. 

Aller plus loin

Rubriques
Marine marchande