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Suite au naufrage de sa partie arrière le 27 juin et à l’incendie qui a ravagé sa partie avant le 6 juillet, le porte-conteneurs MOL Comfort et sa cargaison sont désormais totalement perdus. Un désastre dont le coût est estimé à plus de 400 millions d’euros et qui pourrait avoir des conséquences sur les primes d’assurance dans l’ensemble du transport maritime. D'autant qu'en plus des pertes matérielles, il y a l’aspect écologique, Robin des Bois évoquant une « catastrophe environnementale ». Selon l’association : « Plusieurs milliers de conteneurs sont à fleur d’eau, dans la colonne d’eau, au fond de l’eau. Ils contiennent tous des matières incompatibles avec l’écosystème de la mer d’Oman. Les deux épaves du MOL Comfort sont deux décharges sous-marines de déchets dangereux, de déchets banals et de déchets d’hydrocarbures. L’inventaire exact des matières dangereuses n’a pas été divulgué par l’armateur. Le navire avait précédemment touché 4 ports japonais. En fin de rotation il devait toucher l’Europe du Nord. Le Japon est un exportateur de produits chimiques, de matériels électroniques ; les porte-conteneurs géants transportent toutes les classes de matières dangereuses, la seule inconnue concerne les matières radioactives. Les retombées de l’incendie de la partie avant vont contaminer les chaînes alimentaires marines. Les conteneurs à la dérive représentent un danger pour la navigation et vont au fur et à mesure de leur dislocation libérer des centaines de milliers de macro déchets plus ou moins flottants ».

 

 

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© GCAPTAIN

L'épave de la partie avant après l'incendue (© GCAPTAIN.COM)

 

 

Plus de 4200 conteneurs et plus de 3000 tonnes de carburant à la mer

 

 

En cours de remorquage vers un port de la péninsule arabique, la partie avant du MOL Comfort n’a pu être sauvée, malgré l’intervention des moyens de lutte contre le feu des trois bateaux présents sur place. L’épave, qui contenait selon l’armateur 2400 conteneurs et 1600 tonnes de carburant, a fini par sombrer le 10 juillet, par 3000 mètres de fond. La partie arrière avait quant à elle coulé avec quelques 1700 boites et 1500 tonnes de fuel de propulsion.

C’est le 17 juin que le MOL Comfort, long de 316 mètres et transportant 4382 conteneurs, s’est brisé en deux au nord de l’océan Indien. Propriétaire de ce navire construit en 2008 chez Mitsubishi, au Japon, l’armement nippon Mitsui OSK Lines a fait inspecter les six autres porte-conteneurs de ce type (MOL Creation, MOL Charisma, MOL Celebration, MOL Courage, MOL Competence, MOL Commitment), exploités entre le Japon et l’Europe du nord. Tous doivent être provisoirement retirés du service afin de subir un examen approfondi en cale sèche.

 

 

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© GCAPTAIN.COM

Naufrage de la partie arrière, le 27 juin (© GCAPTAIN.COM)

 

 

Les investigations se poursuivent

 

 

La perte du MOL Comfort pose en tous cas de nombreuses questions et des inquiétudes, d’autant que ce bateau très récent, d’une capacité de 8000 EVP (Equivalent Vingt Pieds, taille standard du conteneur), était loin d’être le plus gros porte-conteneurs en service. Alors que la coque du navire semble avoir cédé suite à de gros efforts d’arc, l’enquête devra déterminer s’il s’agit d’un problème structurel ou, comme certains le redoute, d’une mauvaise répartition de la charge, avec en toile de fond la problématique de la différence entre le poids officiel des conteneurs embarqués et leur masse réelle. Pour Robin des Bois : « Ce n’est pas un accident de plus, c’est l’anomalie de trop. Le MOL Comfort était neuf. Sa disparition consolide l’inquiétude de tous les experts face à la course au gigantisme des porte-conteneurs ».

 

 

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© FABIEN MONTREUIL

Le MOL Comfort (© FABIEN MONTREUIL)

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