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Alors qu'en Chine COSCO prépare la reprise d'OOCL, au Japon, la nouvelle compagnie Ocean Network Express (ONE) prend le large. Et ses porte-conteneurs à la livrée rose bonbon ne vont pas passer inaperçu. Annoncée fin 2016 et opérationnelle depuis le 1er avril, il s'agit d'une joint-venture regroupant les armateurs japonais Nippon Yusen Kaisha (NYK), Mitsui O.S.K. Lines (MOL) et Kawasaki Kisen Kaisha (K Line). Les trois compagnies historiques détiennent respectivement 38%, 31% et 31% des 2.7 milliards de dollars du capital de la nouvelle co-société, qui intègre l'ensemble de leurs activités conteneurs et terminaux.

 

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© ONE

(© ONE)

 

L’organisation de la société est la suivante : La holding est basée au Japon et le centre opérationnel à Singapour. Des bureaux régionaux sont installés à Hong-Kong, au Royaume-Uni, au Brésil et aux Etats-Unis.

ONE contrôlera une flotte de près de 1.5 millions d'EVP, soit 7% de la capacité mondiale. Il se déploie sur 85 lignes touchant près de 200 ports dans le monde. Le nouveau géant nippon prend la sixième place des armateurs mondiaux derrière Maersk, MSC, CMA CGM, Cosco et Hapag-Lloyd.

 

 

Cosco prévoit de reprendre OOCL d’ici fin juin 2018

Un classement qui devrait encore évoluer d’ici la fin de l’année. En effet, les discussions dans le cadre du rachat par la compagnie chinoise COSCO de l’armement Orient Overseas Container Line (OOCL) de Hong-Kong semblent avancer bon train. Le vice-président de COSCO, Huang Xiaowen, a déclaré la semaine dernière que le processus de vente devait se finaliser à la fin du mois de juin 2018 comme prévu, rapporte Reuters. L’opération est estimée à 6.3 milliards de dollars.

Le rachat est pour l’instant en attente des dernières autorisations, notamment celle du Comité sur l'investissement étranger aux Etats-Unis, la compagnie OOCL étant présente dans le pays. Toutefois, l’obstacle des autorités anti-trust américaines et européennes aurait déjà solutionné de longue date selon COSCO.

 

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© EMMANUEL BONICI

Le Cosco Harmony à Fos-sur-Mer ( © EMANNUEL BONICI)

 

Si l’opération aboutit, le nouveau groupe sera à la tête de 400 navires et d’une capacité de transport de près de 2.6 millions d’EVP. Ce qui lui permettrait de ravir la troisième place du classement mondial à CMA CGM et de se placer juste derrière Maersk et MSC. En 2017, COSCO communiquait sur un bénéfice pour lui seul de près de 430 millions de dollars alors que dans le même temps le CMA CGM, après avoir repris NOL en 2016, annonçait 701 millions de dollars de résultat net.

Un secteur fortement consolidé

Cette transaction s’ajoute à la longue liste de mouvements de concentrations observés dans le secteur du conteneur depuis ces deux dernières années. Outre CMA CGM ayant repris NOL, COSCO a déjà absorbé CSCL quand Maersk a, de son côté, mis la main sur Hamburg Süd et Hapag-Lloyd sur CSAV. Ce mouvement global de consolidation est lié aux surcapacités du secteur. Un trafic conteneurisé en reprise ces derniers mois, que la guerre économique naissante entre la Chine et les USA, suite aux mesures du président Donald Trump, risquerait d’affaiblir.

 

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