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L’année 2021 s’est achevée avec des résultats records pour l’armement danois. Après avoir cédé sa place en pole position dans le classement des armements conteneurisés, Maersk continue sa stratégie vers le métier d’intégrateur. Un article de la rédaction de Ports et Corridors

En 2021, les armements spécialisés dans le conteneur ont vu leurs résultats financiers s’améliorer. Mærsk, comme les autres, n’a pas été en reste. En 2021, l’armement danois a réalisé un chiffre d’affaires global de 61,787 milliards de dollars. Un résultat en augmentation de 55,5%. Bien plus, l’Ebitda a progressé de 192% à 24 036 M$. Quant au résultat net, l’Ebit, il a été multiplié par 3,7 pour atteindre 19 674 M$.

Maritime: hausse de 65,5%

Au sein du groupe, le chiffre d’affaires du transport maritime a progressé de 65,5% à 48,2 Md$. À cette progression, l’Ebitda a été plus que doublé. Avec 21,4 Md$, l’Ebitda a progressé de 227,5%. Le résultat net de cette activité a augmenté de 462% à 17,9 Md$. Des chiffres qui ont été dopés par la croissance des volumes transportés et la hausse des taux de fret. Mærsk a transporté 26,17 millions d'EVP en 2021, soit une augmentation de 3,6% d’une année sur l’autre. Outre la hausse de volume, l’armateur danois a vu son taux de fret moyen augmenter de 65,9% à 3 318 $/EQP (Équivalent 40’).

Les volumes tirés par les lignes est-ouest

En volume, la croissance a été tirée par les flux est-ouest. Tout au long de l’année, si la demande depuis l’Asie vers l’Amérique du Nord et l’Europe ont augmenté, les perturbations logistiques dans les ports ont freiné les hausses attendues de volume. En effet, la congestion à Los Angeles et à Felixstowe a freiné les hausses de volume. En proportion, la plus forte progression du groupe est à mettre au crédit des flux intra-régionaux. Avec une augmentation de 6,4%, les liaisons régionales ont le plus augmenté à 5,9 MEVP. Quant aux trafics nord-sud, ils progressent de 1,9% à 7,9 MEVP. Pour l’armement, la progression sur les liaisons nord-sud ont surtout été portées par les trafics en sortie d’Asie et d’Afrique. Ces hausses ont compensé les diminutions des taux vers l’Asie et l’Afrique, note le rapport annuel de l’armement.

Progression des taux de fret

Ces hausses de trafic se sont accompagnées d’une progression des taux de fret. Sur les liaisons est-ouest, la hausse atteint 70% à 3417$/EQP. Une demande forte et le manque de conteneurs ont joué en faveur des armateurs qui ont pu choisir de charger les meilleurs frets. Elle est de 62% à 4108$/EQP pour les liaisons nord-sud. Qu’il s’agisse des lignes en sortie d’Asie ou en sortie d’Afrique, la progression a été importante. Ces liaisons ont aussi bénéficié d’une bonne performance des taux en sens retour. Une progression bienvenue quand certaines routes maritimes affichaient des pertes récurrentes, notamment entre l’Europe et l’Afrique. Quant aux liaisons intra-régionales, elles ont vu les taux de fret gagner 58% en un an à 2128$/EQP.

Terminaux: poussés par la croissance des trafics

Autre activité importante du groupe, les opérations de manutention ont vu leur chiffre d’affaires croître de 23,9% à 4,7 Md$. Une augmentation poussée par la croissance des volumes transportés dans le monde et le besoin en stockage des boîtes en raison de la congestion des boîtes, notamment en Amérique du Nord. De ce fait, les volumes traités par les 67 terminaux de APM Terminals ont progressé de 11% à 12,8 M de mouvements. Le nombre d’opérations en provenance de Mærsk Line ont augmenté de 11% quand celles opérées pour les armateurs tiers ont progressé de 12%.

La hausse des volumes en Amérique du Nord

L’Amérique du Nord conserve sa première place pour les opérations de manutention avec 3,2M de mouvements en 2021, en hausse de 16,7%. Une hausse qui doit être analysée en regard avec la congestion que les ports des États-Unis ont subi au cours de l’année. La seconde région du monde en termes de mouvements revient à l’Europe. Elle gagne 8% à 2,6M de mouvements. Quant à l’Asie, elle progresse de 25% à 2,5M de mouvements et rejoint ainsi la région de l’Europe. En 2020, la part de l’Asie dépassait légèrement celle de l’Afrique. Enfin, sur le continent africain, APM Terminals a vu ses volumes baisser de 3,6% à 1,9M de mouvements. Pour le groupe danois, ces baisses sont liées à la situation des marchés qui ont été durement touché par la pandémie.

Une stratégie pour devenir intégrateur

Enfin, le rapport annuel du groupe en 2021 insiste sur la stratégie du groupe pour devenir un intégrateur. La branche « Logistics & Services cherche à remplir les besoins des clients à tous les échelons de leur chaîne logistique au travers des offres intégrées du groupe par les plates-formes digitales », indique le document financier. En 2021, l’activité logistique du groupe a vu son chiffre d’affaires progresser de 41,2% à 9,8 Md$. Cette hausse a été tirée par la croissance organique qui est intervenue pour 34%. Elle a été notamment permise par l’intégration au cours de l’année de Performance Teams et de KGH Customs.

Des acquisitions nombreuses

La stratégie de Mærsk vers les services logistiques s’est concrétisée au cours de l’année par des acquisitions importantes. Le groupe a repris Visible Supply Chain Management, société américaine, B2C Europe, Huub et LF Logistics pour renforcer ses activités dans la logistique du e-commerce, l’entreposage et la distribution. De plus, en signant un accord avec le groupe sud-africain Grindrod, il renforce sa position dans la partie méridionale du continent, notamment dans la gestion des terminaux intérieurs. Enfin, l’acquisition de Senator International lui apporte un potentiel de développement dans les modes de transport terrestre mais surtout aérien.

Lead Logistic: croissance des volumes traités

Les services logistiques se décomposent en trois éléments. Le premier vise la Lead Logistic (assimilée peu ou prou à la messagerie). Les volumes traités par le groupe ont augmenté de 27,7% à 98,3M m3. Deux raisons expliquent cette performance. D’une part, la pandémie pendant les trois premiers trimestres de 2020 ont ralenti l’économie. La comparaison entre 2020 et 2021 prend ainsi un visage tout autre. D’autre part, le commerce de détail a fortement progressé dans les économies occidentales, notamment en Amérique du Nord.

L’ajout de 85 entrepôts

La seconde activité de la logistique du groupe concerne l’entreposage. Une branche qui a vu son chiffre d’affaires progresser de 59% à 2,3 Md$ notamment par l’ajout de 85 nouveaux entrepôts acquis en portefeuille pendant l’année. Aussi, l’acquisition de Visible Supply Chain Management et de B2C Europe ont participé à la croissance des revenus, « en ajoutant des capacités de développement sur le e-commerce et la logistique du dernier kilomètre ». 

Le ferroviaire tiré par les volumes en chine et en Russie

Le troisième pied de ce trépied logistique du groupe repose sur les services de transport terrestre. Une branche qui a vu ses revenus augmenter de 32% à 5,9 Md$ grâce à des volumes supplémentaires. Le groupe a traité 4,49 MEQP, soit 23,4% de plus que l’an passé. Des volumes qui proviennent majoritairement d’armements. De plus, les services ferroviaires ont vu leur trafic augmenter de 81% à 30 200 EQP notamment sur les liaisons avec la Chine et la Russie. Quant au fret aérien, il a traité 174 000 t en 2021, soit une hausse de 26%, surtout en provenance d’Asie et d’Amérique du Nord.

Améliorer la fiabilité des lignes

Après avoir cumulé toutes ces performances, la direction du groupe AP Moller – Mærsk maintient sa stratégie de diversification pour confirmer sa position d’intégrateur logistique dans la chaîne conteneurisée. « En 2022, nous continuerons à nous concentrer sur le développement de nos activités de logistiques », souligne la direction du groupe dans le rapport annuel. Une stratégie qui passera par le renforcement du digital dans les relations avec ses clients. Le maritime et les terminaux ne sont pas oubliés et devront faire l’objet d’une attention particulière pour assurer le maintien de la rentabilité. « Finalement, nous travaillons à restaurer la fiabilité de nos lignes maritimes », continue le rapport annuel. Il reste encore 10 mois pour y parvenir et un travail important à fournir.

© Un article de la rédaction de Ports et Corridors. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

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