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La compagnie danoise vient d'annoncer qu'elle avance ses ambitions de neutralité carbone à 2040, au lieu de 2050 comme initialement annoncé. Cet objectif ne signifie pas que ses navires ne vont plus émettre de CO2, mais que toutes leurs émissions de carbone seront compensées. Parallèlement, Maersk annonce également des objectifs ambitieux d'ici 2030 : à savoir une réduction de 50% de l'intensité d'émission de gaz à effet de serre de la flotte et de 70% pour les terminaux. 

Pour atteindre ses objectifs de décarbonation, Maersk a plusieurs cordes à son arc. A commencer par le méthanol, qui va propulser douze porte-conteneurs (la compagnie vient de confirmer une option de quatre navires à la commande initiale de huit navires passée à l'été dernier à Hyundai Heavy Industries). Pour mémoire, le méthanol est un hydrocarbure synthétique créé à partir de dioxyde de carbone et d’hydrogène. Liquide à température normale, il peut être utilisé comme carburant de propulsion, avec un indice d’octane supérieur au gasoil. Il est aussi plus corrosif que ce dernier et nécessite un moteur adapté. Sa production est traditionnellement assez peu vertueuse en termes de bilan carbone puisqu’elle utilise des sources issues des hydrocarbures, du GNL, du charbon. Néanmoins, ces dernières années ont vu un fort développement des biocarburants, dont la source carbonée de base se trouve dans des ressources « vertes » comme la biomasse, les biogaz ou issus du recyclage des déchets urbains. C’est le bio-méthanol.

Il y a ensuite l’e-methanol qui consiste en la valorisation des émissions industrielles de CO2. Celles-ci sont captées à la source. Elles sont ensuite combinées avec de l’hydrogène, produit à partir d’électricité renouvelable, pour obtenir du méthanol. Ces deux produits permettent donc le réemploi de dioxyde de carbone et, par là-même, l’équilibre de la chaîne globale. Si le méthanol émet quand même du CO2, son score est meilleur de 15 à 20% par rapport au gasoil et sa combustion est également plus vertueuse en matière d’oxyde d'azote (NOx).

Maersk a donc annoncé le premier navire « neutre en carbone » d’ici 2023, un feeder de 2000 EVP qui sera donc propulsé au méthanol. Ce ne sera pas le premier navire propulsé au méthanol, puisque des ferries et des pétroliers le sont déjà, mais ce sera le premier à bilan carbone équilibré grâce à l’origine de son méthanol.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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