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Le golfe de Guinée demeure le principal « point chaud » où se produisent les attaques contre des navires dans le monde. Mais pour la première fois depuis quatre ans, la piraterie et le brigandage maritime ont reculé significativement en 2021. Selon le rapport annuel du Mica (Maritime international cooperation and awareness) Center de Brest, sur les 317 événements de piraterie et de brigandage dans le monde en 2021 (contre 375 en 2020), seuls 52 événements (dont 19 attaques) ont concerné le golfe de Guinée. Un chiffre « exceptionnellement bas », relève le rapport. En effet, il y en avait eu 115 en 2020, 111 en 2019, 90 en 2018 et 112 en 2017. De plus, le nombre d’enlèvements a été diminué par deux, de 142 en 2020, à 71, en 2021.

Comment expliquer ce spectaculaire recul général ? Le rapport dresse un faisceau de facteurs, sans les hiérarchiser : conditions météo défavorables pendant l’été et le début de l’automne, meilleure application des « Best Management Practices West Africa », mobilisation de bâtiments militaires hauturiers, montée en puissance des marines locales, sécurisation des ports et mouillages comme à travers le Deep Blue Project au Nigeria, ou encore volontarisme de certains gouvernements qui ont mis en place des législations anti-piraterie suivies des premiers procès.

Le rapport souligne, par ailleurs, que le ratio des événements se produisant en haute mer est toujours plus grand. D’ailleurs, selon le Mica Center, c’est l’archipel isolé et pauvre de Sao Tomé-et-Principe qui a connu la plus forte hausse d’incidents cette année dans le golfe de Guinée (10 contre 1 à 2 les années précédentes) : « Il s’agit majoritairement d’actes de piraterie parfois violents durant lesquels les pirates tentent par tous les moyens de forcer la citadelle ».

Emergence de « narco-piraterie »

Le centre d’analyse qui veille sur le trafic maritime à l’échelle mondiale, recense les événements affectant la sûreté maritime et évalue la situation sécuritaire des espaces maritimes, a aussi observé l’émergence d’un « phénomène de ‘narco-piraterie’ en Amérique latine où les cartels adoptent des comportements de pirates pour introduire la drogue sur les navires ». Le Mica Center précise que « cette menace pèse essentiellement sur les porte-conteneurs opérant sur la côte ouest de l’Amérique latine, particulièrement dans les eaux de l’Equateur, du Pérou, de la Colombie et du Chili ».

Par ailleurs, 51 incidents se sont produits dans le détroit de Singapour et ses approches, un record depuis 2015. Le Mica Center souligne que « la présence de brigands armés a fortement augmenté ainsi que leur degré de violence ; ils sont désormais signalés sur plus d'un tiers des événements ». De plus, « peu d’arrestations de brigands ont par ailleurs été observées cette année, laissant entrevoir une intensité similaire des événements de brigandage en 2022 ».

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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