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Alors qu’elle espère signer prochainement la commande de son premier navire de commerce à propulsion vélique, la jeune compagnie nantaise Neoline lance une campagne de financement participatif. Elle va venir compléter le montage financier principal avec comme objectif de donner l’opportunité à tous ceux qui le souhaitent de soutenir cette belle aventure. « Nous avons eu ces dernières années beaucoup de témoignages de soutien pour notre projet, qui vise à proposer un transport maritime plus respectueux de l’environnement. De nombreuses personnes veulent participer mais n’ont pas forcément de compétences techniques ou de gros moyens financiers. Nous avons donc décidé de mettre en place ce financement participatif pour permettre à chacun de s’engager à nos côtés, soutenir le développement du projet et investir dans l’avenir », explique-t-on à Mer et Marine chez Neoline. La collecte, qui vient d’être lancée sur la plateforme Wiseed, vise à lever au moins 500.000 euros, avec l’objectif, si possible, d’atteindre 1 million d’euros. Un petit montant au regard du coût du premier navire, qui sera d’environ 60 millions d’euros, mais qui a une importance plus que symbolique puisqu’elle contribuera à financer les développements ultérieurs de l’entreprise. Celle-ci doit en effet travailler sur de nouvelles lignes commerciales où la propulsion vélique pourra être déployée, mais aussi sur les prochaines générations de navires et les briques technologiques qui permettront de tendre vers des bateaux « zéro émission ». Des objectifs pour lesquels Neoline prévoit notamment d’embaucher plusieurs ingénieurs.  

Après une longue attente, le projet, initié en 2015, entre désormais dans sa dernière ligne droite. « En décembre, Neoline a obtenu des avancées significatives sur son financement et les décisions finales sont en cours, en vue de pouvoir lancer prochainement la construction de notre premier navire ». Quant au groupement d’entreprises Neopolia, qui a été retenu par l’armateur pour réaliser ce bateau, il indique à Mer et Marine que « tous les voyants sont désormais au vert de notre côté, nous sommes prêts à commencer ».

Prévu pour entrer en service en 2024, le premier Neoliner, conçu par Mauric, sera un navire de 136 mètres de long pour 24 mètres de large capable de transporter 5000 tonnes de fret, sa propulsion principale étant assurée par son gréement. Les voiles, conjuguées à une réduction de la vitesse commerciale de 15 à 11 nœuds, vont permettre de diminuer de 90% les besoins énergétiques par rapport à un cargo traditionnel de même taille. Immatriculé sous pavillon français (RIF), le premier navire de Neoline sera exploité sur une ligne desservant Saint-Nazaire, Saint-Pierre et Miquelon, Baltimore, Halifax, de nouveau Saint-Pierre et Miquelon et retour à Saint-Nazaire. La rotation prendra un mois, avec une fréquence d’une escale toutes les deux semaines si un second navire est construit, comme le prévoit l’armateur pour répondre à la demande. Côté chargeurs, Neoline a déjà conclu plusieurs contrats commerciaux pour cette ligne, notamment avec Renault, Manitou, Bénéteau, Jas Hennessy & Co, Remy Cointreau, Michelin et Clarins.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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