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Ils avaient tenté de détourner un bateau de pêche chinois. Dix pirates, ayant plaidé non coupable, ont été condamnés par la haute cour fédérale de Lagos à 12 ans de prison après l’attaque du Hai Lu Feng II, le 15 mai 2020, au large de la Côte d’Ivoire. Ils ont également été condamnés à verser la somme de 250.000 naira (environ 520 euros). Après le déclenchement d’un appel de détresse de ce navire de pêche probablement destiné à faire office de bateau-mère pour des opérations de piraterie loin des bases du delta du Niger, la marine nigériane était rapidement intervenue, libérant les 18 membres d’équipage et capturant les dix pirates.

Dans son réquisitoire, le procureur avait déclaré que le verdict enverrait « un avertissement fort aux autres criminels que le Nigeria a une tolérance zéro pour les criminels maritimes ». La défense a déclaré qu’elle allait faire appel.

Il s’agissait du deuxième procès pour des faits de piraterie au Nigeria, en vertu d’une nouvelle loi anti-piraterie de 2019. Il y a un an, trois hommes ayant plaidés coupable avaient été condamnés à Port Harcourt à payer plusieurs dizaines de milliers d’euros pour avoir détourné l’Elobey 6 au large de la Guinée équatoriale et perçu 169.000 euros pour l’équipage. Toutefois, selon RFI, la presse nigériane avait rapporté qu’il ne s’agissait pas de pirates au sens traditionnel, mais d’employés d’une compagnie de sécurité.

Cette nouvelle loi fait partie d’un arsenal mis en place par Abuja pour lutter contre la piraterie qui, au-delà de la question sécuritaire, pénalise son économie. Ainsi, le Nigeria a lancé en juin le projet Deep Blue. Piloté par la Nigerian maritime administration & safety agency (Nimasa), il rassemble plusieurs corps de l’armée et de la police, et est doté de moyens humains et matériels, notamment une unité de 600 hommes, deux bâtiments de surveillance polyvalents de 55 mètres, deux avions de surveillance Cessna Citation CJ3, trois hélicoptères AW109 d’AugustaWestland, quatre drones du groupe portugais Tekever, ainsi que 16 véhicules blindés et 17 bateaux d’interception. Deep Blue a récemment obtenu le soutien de la Corée du Sud, tandis que la base mobile américaine USS Hershel « Woody » Williams, déployée en Afrique de l’Ouest, vient de mener un exercice anti-piraterie avec la marine nigériane.

Si aucun marin n’a été récemment enlevé dans le golfe de Guinée, l’été a cependant été émaillé d’incidents liés à la piraterie dans les « waterways », canaux du delta du Niger, selon la presse nigériane, relayée notamment par le consultant en sécurité maritime Dryad Global. En juillet, dans l’Etat du Delta, un soldat a été tué dans l’attaque d’une armurerie par des pirates. Le même mois, huit personnes circulant sur le Kula-Abonrma waterway pour gagner Port-Harcourt ont été enlevées. En août, cinq autres, se rendant également dans la capitale pétrolière ont connu le même sort, en circulant sur un speedboat sur la rivière Bonny.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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