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L'association Mor Glaz demande des explications après le naufrage d'une péniche fluviale, présentée comme une barge, dans le golfe de Gascogne. Avec une autre péniche, l'Atlantic Trader, le Vestland avait quitté Rotterdam en direction du Nigéria, tractée initialement par le remorqueur panaméen Courbet. Mais, une fois la pointe Bretagne dépassée, les péniches ont été observées avec des hommes en passerelle et naviguant seules, ce qui est, pour des bateaux fluviaux, une parfaite aberration. La houle du golfe de Gascogne, où le coup de vent prévu en début de semaine s'est bien produit, a d'ailleurs provoqué la perte du Vestland, qui s'est brisé en deux lundi. Malgré une tentative infructueuse de sauvetage par l'Abeille Bourbon, la partie arrière, avec 7 m3 de gasoil de propulsion en soute, a coulé dans la journée. Quant à la partie avant, prise en charge par le Courbet, qui est parvenu à récupérer les trois marins présents sur le Vestland, elle a fini par sombrer mardi, à 50 nautiques de la pointe de Penmarc'h. Et, pendant ce temps là, l'Atlantic Trader, long de 109 mètres, poursuivait sa route par ses propres moyens, guère mieux armé pour la haute mer que son infortunée compagnon, et ne disposant pas d'AIS pour se faire reconnaitre par les navires marchands et les systèmes de surveillance à terre. « Mor Glaz s'interroge sur les responsabilités de tous ceux qui ont permis le départ de ce convoi du port de Rotterdam vers le Nigéria et pourquoi ces péniches ont-elles des soutes. L'association s'interroge sur les règles imposées lorsque de tels convois prennent la mer. Sur le choix du remorqueur qui accompagne ou remorque ce type de convoi. Ces « péniches » fluviales sont-elles en mesure de naviguer en haute mer ? La réponse est non. Nous souhaitons que l'Etat français, qui a mis en oeuvre des moyens de sauvetage, demande des comptes aux responsables de cette nouvelle dérive du transport maritime », explique Jean-Paul Hellequin, président de Mor Glaz. Si, du côté des autorités françaises, on explique qu'un recours n'est juridiquement pas possible puisque l'accident s'est produit en dehors des eaux territoriales, l'association bretonne propose de demander des comptes aux experts qui ont autorisé le départ, à l'Etat du port (à savoir les Pays-Bas) duquel est parti ce convoi, ou encore aux assureurs. « L'Etat du port qui a laissé partir ce convoi doit être impérativement interrogé et responsabilisé », affirme Jean-Paul Hellequin. Mor Glaz réclame également que le propriétaire de l'Atlantic Trader, arrivant au large de l'Espagne avec apparemment trois hommes à bord (s'ils n'ont pas coulé depuis), soit « mis en demeure et ce sans ménagement de la faire escaler dans le port le plus proche afin que les autorités s'assurent qu'elle peut reprendre la mer sous remorque sans risque pour les marins et l'environnement et en respectant toute la réglementation imposé à ce type de remorquage ».

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