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Depuis le 1er septembre, les eaux bordant le Kenya ne sont plus considérées comme une « zone à haut risque » (high risk area, HRA). Le 17 août dernier, les représentants de l’industrie maritime (Bimco, ICS, Intercargo, Intertanko et OCIMF) se sont entendus pour revoir les contours de cette HRA. Elle reste circonscrite aux eaux somaliennes et yéménite.

Elles ont ainsi répondu favorablement à une demande du Kenya qui demandait à être exclu de cette zone pénalisant son économie et le tourisme de croisière. Cela doit permettre d’éviter des surtaxes d’assurance et autres dépenses de sécurité tout en redynamisant les ports kenyans, en particulier le port stratégique de Mombasa pour l'Afrique de l'Est. Pendant plusieurs mois, l'industrie a pris le temps de réévaluer la menace. Finalement, Guy Platten, secrétaire général de l’ICS (International Chamber of Shipping) a jugé qu’il était devenu « clair » que la HRA était « obsolète et trompeuse », tandis que Robert Drysdale, directeur général de l’OCIMF a estimé que l’ « ajustement de la HRA reflète mieux la réalité de la menace pirate ».

La HRA avait été créée au plus fort de la crise de la piraterie en Somalie, en 2010. Elle visait à inciter les armateurs comme marins à avoir une vigilance accrue dans les zones où les pirates opéraient. Selon ces organisations, les attaques de pirates somaliens se sont considérablement réduites puisqu’il n’y en a pas eu contre un navire marchand depuis 2017.

L’Eu Navfor Atalante s’est félicitée que l’action des forces navales et du secteur privé avait porté ses fruits. Elle a pointé que « bien que les causes profondes de la piraterie n'aient pas encore été supprimées, les groupes de pirates et leurs piliers ont détourné leurs opérations vers d'autres crimes tels que la contrebande, exploitant l'insécurité créée par le conflit yéménite ». Enfin, elle retient que « l'industrie du transport maritime considère que la désignation d'une zone à haut risque basée uniquement sur la menace de la piraterie somalienne est désormais dépassée, et il est nécessaire d'avoir un mécanisme plus dynamique pour tenir compte de l'évolution de l'environnement de menace dans la région ».

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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