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Après un rejet illicite d’eaux noires, en Méditerranée, des galettes d’hydrocarbures se sont déposées en plusieurs points du littoral corse mais, si plusieurs tonnes ont été récupérées, les volumes ne sont pas très importants. La nappe d'hydrocarbures n'est pas venue directement sur la côte et les navires de dépollution ont contenu la menace. Le plan Polmar Terre a néanmoins été activé. Il a fallu fermer les plages et interdire la baignade sur les plages d’Aleria à Ventiseri (Haute-Corse), ainsi qu’y interdire la pêche, avant de les rouvrir, à l’exception de Solaro, où des résidus ont été retrouvés, répartis sur une bande d’environ 500 mètres de long, pour 50 de large. Dérivant vers le sud, la pollution a atteint la Corse du Sud, où des galettes se sont déposées de Porto-Vecchio à Bonifacio, où plusieurs plages ont été fermées (Palombaggia, Santa Giulia, Rondinara), sur décisions municipales, selon France Bleu, mercredi. Un barrage anti-pollution a été déployé dans la baie de Sant’Amanza.

Si des ramassages ont été organisés à terre, ils ont aussi eu lieu en mer. Pas moins de six navires sont déployés pour encercler la zone polluée : le Jason, bâtiment de soutien et d'assistance affrété (BSAA) par la Marine nationale (avec une équipe du Ceppol à bord) et la vedette Mimosa (Affaires maritimes), au nord ;  la vendette Libecciu (Douanes), au centre ; le BSAA Pionnier et le remorqueur Altagna (société Erasme). Ils tirent des chaluts flottants antipollution qui récupèrent dans une poche les hydrocarbures filtrés. Cela a permis de récupérer l’essentiel de la pollution. Des moyens légers ont aussi été engagés pour évoluer dans les petits fonds et capter les résidus, avant qu’ils atteignent la côte. Selon la préfecture de Haute-Corse, lundi, « les reconnaissances en terre et en mer effectuées sur le littoral du sud de la Haute-Corse depuis ce matin n’ont pas détecté de pollution ».  Un avion de surveillance maritime Falcon 50 a survolé la zone sans repérer de pollution au large, mais des « spots » d’irisation sur la côte.

La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili a dénoncé, mardi, une « délinquance caractérisée » et a ajouté que l’enquête pour retrouver les responsables « avance bien et je pense qu’on va pouvoir les arraisonner assez vite. On sait où ils sont et on va pouvoir les contrôler ». Trois navires seraient dans la ligne de mire des autorités.

Une enquête a été ouverte par le parquet de Marseille, compétent pour les affaires de pollution maritime en Méditerranée. Il a indiqué que des navires suspects avaient été repérés et que des vérifications étaient en cours. La brigade de gendarmerie maritime Méditerranée a engagé des moyens pour mener l’enquête et notamment réaliser des prélèvements d’hydrocarbures en vue de comparer avec ceux des navires suspects. Le Cedre ou encore Meteo France étaient aussi mobilisés pour réaliser des études de dérive.

En attendant, la collectivité de Corse a engagé deux actions en justice : une plainte au pénal auprès du parquet de Bastia et une procédure de référé administratif devant le tribunal administratif de Bastia pour désigner un expert afin qu’il réalise des prélèvements, en vue d’une future action indemnitaire. Le comité régional des pêches s’est, pour sa part, constitué partie civile et a demandé que la Corse soit équipée de davantage de petits barrages flottants. La Surfrider Foundation a aussi annoncé porter plainte contre X et se porter partie civile.

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