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Une première attaque terrestre en Somalie a été menée, dans la nuit du 14 au 15 mai, par la force européenne Atalante de lutte contre la piraterie. Elle a été effectuée par un hélicoptère, dont la nationalité n'a pas été dévoilée. Celui-ci a décollé de l'un des 9 bâtiments de la force, qui compte actuellement des unités fournies par la France, l'Allemagne, l'Espagne, le Portugal, l'Italie et les Pays-Bas. L'appareil a visé des esquifs pirates ainsi que des bateaux-mères dans la région de Galmudug, sur la côte orientale de la Somalie. Cette opération nocturne n'a fait aucune victime à terre et « les moyens mobilisés sont revenus sains et saufs », selon Atalante. Elle a été « longuement préparée » et a reçu l'accord des autorités somaliennes, conformément à l'accord passé en mars entre l'Union européenne et le gouvernement fédéral de transition (GFT) somalien. Par une décision du 23 mars, le Conseil européen avait en effet validé la prolongation de l'opération Atalante, active depuis décembre 2008 au large de la Corne d'Afrique, jusqu'au 12 décembre 2014, en lui rajoutant un volet d'action à terre. La zone d'opération prévue par la nouvelle mouture du mandat de l'opération comprend désormais, selon le texte, « le littoral somalien et les eaux intérieures, ainsi que les zones maritimes au large des côtes de la Somalie et des pays voisins dans la région de l'océan Indien ». Si le mandat principal de la force reste en mer, les militaires peuvent désormais intervenir à terre, principalement pour neutraliser les dépôts et embarcations des pirates. Dans le cadre de ce mandat, le GFT somalien a accepté de déléguer à l'Union Européenne, et à sa force Atalante, la décision d'opportunité de l'action militaire sur son territoire. Des frappes chirurgicales qui seront effectuées depuis les navires ou par hélicoptère Si les modalités d'action ne sont pas définies par le texte, il était à peu près clair, dès le début, qu'il ne s'agissait pas d'un blanc-seing pour des opérations terrestres de type commando. Une approche confirmée à l'occasion par le commandant d'Atalante, l'amiral Duncan Potts. Il a indiqué que les navires et hélicoptères pourraient tirer sur les repères « dans des conditions très définies », en s'assurant de ne pas faire de dommages collatéraux et sans « mettre pied à terre ». Il ajouté que l'opération menée hier allait « encore accroître la pression sur les pirates et perturber leurs efforts pour sortir en mer afin d'attaquer des navires. Les Somaliens et les pêcheurs, dont beaucoup d'entre eux ont tant souffert de la piraterie, peuvent être rassurés : notre objectif est de viser des dépôts dûment répertoriés et cela restera de même à l'avenir ». Le nombre d'attaques réussies par les pirates a considérablement diminué mais 8 navires et 235 marins seraient toujours otages. « La piraterie continue d'affecter la navigation, de menacer le commerce et d'affaiblir l'économie des pays de la région », a résumé la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, en saluant le succès de l'opération.

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